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Sommaire Chapitre II
Chapitre II

Répondre à nos besoins fondamentaux

À Marseille, les services publics sont dans un état alarmant, résultat de décennies de désengagement de l’État, de sous-investissements, de logiques clientélistes et d’une privatisation rampante. Dans tous les domaines, les habitant·es paient le prix fort de cette politique de l’abandon, surtout dans les quartiers populaires. Les hôpitaux de Marseille sont saturés, sous-financés, alors même

que la ville est l’une des plus touchées par les déserts médicaux. Plus de 50 000 demandes de logements sociaux sont en attente, et un logement sur dix est indigne. Près d’une école sur trois est en mauvais état, avec des problèmes graves de fuites, d’amiante ou de vétusté, et les travaux de rénovation prennent trop de temps face à l’urgence. L’accès à la culture et au sport reste limité, faute d’équipements, d’horaires adaptés, et en raison de barrières économiques ou géographiques. Ce déni d’accès aux droits fondamentaux nourrit l’insécurité et laisse les violences armées faucher des vies et briser des familles. Dans une ville comme Marseille, l’insécurité ne peut se résumer à la seule réponse policière ou judiciaire : elle exige des conditions de vie dignes, sans peur ni précarité, pour tous les habitant·es.

Cette situation n’est pas une fatalité, mais bien le résultat de choix politiques : renoncer à investir, sous-traiter l’action publique au privé, et abandonner toute vision politique cohérente et globale. Pourtant, tout est lié : un logement sain favorise la santé, une bonne santé facilite la réussite scolaire, et tout cela contribue à la sécurité. Le retrait des pouvoirs publics a laissé place aux acteurs privés, transformant ces droits fondamentaux en marchandises et creusant les inégalités. Car derrière l’image d’une ville ouverte et diverse, une ségrégation territoriale persistante prive encore de nombreux habitant·es, notamment dans les quartiers Nord, de l’accès à ces services essentiels.

Pourtant, Marseille a toutes les ressources pour agir concrètement et satisfaire les besoins de sa population. Qu’il s’agisse des épidémies, des destructions de guerre ou des crises économiques liées à la désindustrialisation, elle a sans cesse su se réinventer. La ville a reconstruit ses infrastructures, accueilli de nouvelles populations et créé des formes alternatives d’économie et de solidarité. Cette résilience puise sa force dans son peuple, porté par des réseaux d’entraide solides : associations, collectifs, coopératives, ou syndicats. En l’absence d’une action publique suffisante, les Marseillais·es ont bâti des structures collectives et inventé des solutions pour répondre à leurs besoins. Aujourd’hui encore, cette société civile propose de nombreuses réponses concrètes aux urgences sociales et environnementales, et doit être au cœur de notre politique.

Ce que nous défendons est simple et vital : que tous les Marseillais·es aient accès aux services essentiels, sans exception. Pour cela, il faut rompre avec les logiques de marché et de privatisation qui les étouffent. Santé, habitat, culture, sport, école, tranquillité publique, etc. : c’est à la mairie, et non aux entreprises, de définir une politique claire et transparente, où les habitant·es ont toute leur place. Elle doit aussi prioriser les quartiers populaires, encore trop relégués et privés des moyens nécessaires pour vivre dignement. Enfin, l’histoire l’a montré : les communes ont été le berceau des habitations à loyer modéré (HLM), des mutuelles, du revenu minimum d’insertion (RMI). Marseille doit aussi être ce terrain d’expérimentations politiques et sociales, en rupture avec l’ordre néolibéral et à l’avant-garde des luttes.

Légende : MA Mairie DPT Département MET Métropole NAT National CT Court terme MT Moyen terme LT Long terme

1. Habitat

DES LOGEMENTS DIGNES ET ACCESSIBLES POUR TOUS·TES

Un logement, c’est d’abord un lieu de vie, pas une source de profit. Un lieu pour vivre, grandir, se reposer et se sentir en sécurité. Pour beaucoup, ce droit vital est aujourd’hui fragilisé à Marseille : les loyers explosent tandis que les logements indignes se multiplient. Or, disposer d’un toit est indispensable pour s’ancrer dans la ville, vivre dans un quartier et accéder à d’autres droits essentiels, comme la santé, l’éducation ou l’emploi.

À Marseille, ce droit n’est plus garanti. La ville connaît l’une des pires crises du logement en France : plus de 50 000 familles attendent un logement social, 40 000 ménages vivent en précarité énergétique (logements surchauffés l’été, glacés l’hiver, factures insoutenables) et 1 Marseillais·e sur 9 habite dans un logement indigne. Les copropriétés dégradées s’effondrent, littéralement, sous le poids du manque d’entretien, des charges impayées et de l’abandon des syndics. Pendant ce temps, 10 % des ménages détiennent 60 % des biens selon l’INSEE, les loyers ont augmenté de 30 % depuis 2000, et Airbnb aggrave la pression locative avec toujours plus de 10 000 annonces en 2025 selon le Monde. À cela s’ajoute l’urgence écologique : nous devons transformer nos manières de bâtir pour garantir des logements durables et accessibles à tous·tes.

La croyance dans le marché privé n’a fait qu’aggraver la situation. Les promoteurs privilégient le profit, au détriment de la qualité et de la vie des habitant·es. Même lorsque l’État intervient, c’est souvent via des montages mêlant financements publics et acteurs privés totalement dérégulés : le public paie, et le privé construit, gère et impose ses tarifs. Livrée à un marché sans contrôle, Marseille se façonne contre ses propres habitant·es. Les quartiers populaires du centre-ville se gentrifient à grande vitesse, quand ceux de la périphérie se dégradent. Dans le même temps, les marchands de sommeil prospèrent, et exploitent la vulnérabilité des plus précaires dans un système qui sacrifie sécurité et dignité pour le profit individuel.

Il est temps de changer de cap. Marseille n’est pas à vendre, et la municipalité doit défendre ses habitant·es face aux abus des investisseurs. Notre priorité sera d’appliquer une véritable politique sociale du logement, qui remet les habitant·es au centre, lutte contre les dérives avec un usage rigoureux du droit, et planifie la construction des logements accessibles selon l’intérêt général.

Axe 1 : RENFORCER LA PUISSANCE PUBLIQUE ET LE POUVOIR D’AGIR DES HABITANT·ES POUR REPRENDRE LA MAIN SUR NOS LOGEMENTS

Le marché privé dérégulé est incapable de garantir un logement décent et abordable pour tous·tes. La planification, pour et par les habitant·es, doit intégrer l’urgence écologique, limiter la spéculation et mieux utiliser l’existant. À Marseille, cet enjeu de planification est vital : 57 000 logements vides pour 16 000 sans-abri, des bâtiments publics sous-utilisés et des projets urbains imposés sans concertation. Euroméditerranée ou les projets de l’Agence Nationale pour la Rénovation Urbaine (ANRU), sous couvert de modernisation, expulsent les classes populaires de leurs quartiers au profit d’intérêts économiques et sécuritaires. La ville doit mobiliser tous ses leviers pour une politique sociale et ambitieuse du logement.

NATLT
Mesure 46

Garantir l’accès au logement comme un droit universel, en menant la bataille nationale pour une « sécurité sociale du logement ». Fondée sur une garantie universelle des loyers portée par une caisse nationale de solidarité, comme le propose la Confédération nationale du logement (CNL), elle pourra couvrir les impayés et sera gérée conjointement par des représentant·es des locataires et des bailleurs.

MAMT
Mesure 47

Mettre fin à la pénurie de logements et répondre aux besoins des ménages populaires, en exigeant la création de 30 000 logements, dont 70 % de logements sociaux, avec un tiers pour les ménages les plus modestes (loyer PLAI). Ils seront équitablement répartis sur l’ensemble de la ville, et la mairie combinera construction neuve, rénovation de l’habitat indigne et transformation des friches et bureaux vacants.

MANATMT
Mesure 48

En finir avec le scandale des logements vacants, et réquisitionner lorsque c’est nécessaire. Créer un registre public des biens vacants, proposer une médiation renforcée avec les propriétaires et des réquisitions ciblées : temporaires via les pouvoirs du maire, et durables en obtenant au niveau national le transfert du droit de réquisition du préfet vers la mairie, et la collecte de la taxe sur les logements vacants par la Ville.

MACT
Mesure 49

Redonner à la Ville les moyens de piloter une véritable politique de l’habitat, en renforçant la direction municipale de l’habitat. En faire un guichet unique pour les habitant·es, chargé de coordonner l’ensemble des services liés à l’habitat, y compris la rénovation urbaine, la politique foncière, la planification des constructions et réhabilitations, et la gestion du parc social.

MACT
Mesure 50

Transformer la brigade municipale du logement en un outil offensif de défense du droit au logement, chargé de faire appliquer l’ensemble des lois existantes et d’agir sur les causes structurelles de la crise : régulation des locations de courte durée type Airbnb, contrôle du permis de louer, respect de l’encadrement des loyers et réquisition des logements vacants.

MACT
Mesure 51

Démocratiser les politiques du logement et construire un rapport de force citoyen, en créant un comité populaire (voir chapitre 1, mesure 8). Il réunira élu·es, expert·es, associations et habitant·es pour co-construire les politiques publiques. Ce comité organisera chaque année des Assises populaires du logement afin de former des habitant·es capables d’en former d’autres à leur tour, de les associer à la mise en œuvre du programme et d’appuyer la coordination des collectifs mobilisés sur le sujet.

MAMT
Mesure 52

Développer des formes d’habitat alternatives, écologiques, et accessibles en soutenant les projets d’habitat participatif, coopératif, en bail réel solidaire ou en habitats légers. Apporter un appui technique, juridique et financier et faciliter l’accès à des terrains publics ou privés. Réhabiliter l’existant en s’appuyant sur l’intelligence du bâti provençal : logements traversants, ventilation naturelle et retour du trois-fenêtres marseillais.

MAMT
Mesure 53

Faire de Marseille Habitat un véritable outil public du droit au logement : démocratisé, transparent et placé sous contrôle municipal et citoyen. Il servira à transformer les bâtiments vacants en logements abordables, à innover dans un habitat bioclimatique adapté au climat marseillais et à garantir le gel des loyers et des charges du parc.

MAMT
Mesure 54

Exiger de l’État des financements à la hauteur des besoins réels de Marseille, après des décennies de sous-investissement et de désengagement qui ont aggravé l’habitat indigne, la pénurie de logements abordables et la dégradation du parc existant.

Axe 2 : DÉFENDRE UN LOGEMENT SOCIAL DIGNE, TRANSPARENT ET AU SERVICE DES HABITANT·ES

Transparence, justice, dignité : il est temps de refonder le logement social à Marseille et de le remettre au service de l’intérêt général. Trop souvent, les locataires subissent un entretien défaillant, des charges illisibles et des décisions opaques. Cela révèle un pilotage public insuffisant et une gestion trop laxiste de certains bailleurs, alors que les habitant·es se mobilisent pour défendre leurs droits. Notre engagement est clair : donner aux locataires un pouvoir réel sur leur logement, et exiger des bailleurs sociaux un engagement concret, comme véritable acteurs et partenaires de la puissance publique.

MAMT
Mesure 55

Faire respecter le droit à un logement digne et contraindre les bailleurs à leurs obligations. Renforcer le rôle de la Ville en mobilisant l’ensemble des outils juridiques existants (conventions d’utilité sociale, convention préfectorale sur l’habitat indigne, permis de louer), afin de suivre l’état du parc, sanctionner les manquements, imposer des travaux et suspendre les subventions. En cas de carence d’un bailleur, la Ville, avec l’État et l’Agence Nationale du Contrôle du Logement Social (ANCOLS), fera constater la situation et visera à reprendre la gestion du logement, notamment en le transférant à Marseille Habitat.

MAMT
Mesure 56

Garantir l’accessibilité des logements, en créant une régie municipale des ascenseurs. Elle sera chargée de recenser les immeubles équipés ou non, de mutualiser les contrats de maintenance et d’assurer le lien avec les entreprises. Pour les bailleurs défaillants, la Ville utilisera ses pouvoirs de police pour engager des travaux d’office et si nécessaire bloquer les loyers en attente de la remise en état. La régie interviendra en priorité dans le parc social, sans exclure le parc privé.

MACT
Mesure 57

Démocratiser et rendre transparent le fonctionnement du logement social. Renforcer le rôle des associations de locataires et du comité populaire afin d’assurer un suivi rigoureux des pratiques (vacance, état des logements, auditions des bailleurs en conseil municipal, comme à Paris ou Lyon). La Ville apportera un appui juridique et un rôle de médiation avec les bailleurs, encouragera la création, la formation et la coopération des associations de locataires, et les protégera contre toute forme d’intimidation.

MACT
Mesure 58

Mettre fin au clientélisme et aux discriminations dans l’attribution des logements sociaux. Rendre le quota du maire transparent, avec des règles d’attribution débattues et votées en conseil municipal. Renforcer la présence des associations de locataires et assurer une formation des commissions à la lutte contre les discriminations et la corruption.

NATCT
Mesure 59

Suspendre les démolitions de logements sociaux par la mise en place d’un moratoire. Dans le cadre des projets de l’ANRU, prendre le temps d’évaluer les opérations, d’examiner systématiquement les alternatives à la démolition et de garantir le maintien des habitant·es dans leur quartier, avec leur accord.

MAMETCT
Mesure 60

Garantir un relogement rapide, transparent et choisi par les locataires en renforçant la plateforme inter-bailleurs, afin de mutualiser les logements disponibles, mieux coordonner les bailleurs, et permettre des changements de logement clairs et sécurisés entre locataires.

Axe 3 : LUTTER CONTRE LA HAUSSE DES PRIX ET L’EXPULSION DES PAUVRES

Les acteurs de l’immobilier vendent la ville au plus offrant, au lieu de répondre aux besoins des habitant·es. Dans certains quartiers, les prix ont triplé et l’accès à la propriété devient hors de portée. Le marché locatif est tout aussi tendu : 80 % des locataires dépendent d’un propriétaire possédant plus de cinq logements. L’explosion d’Airbnb a aggravé la situation, faisant chuter l’offre locative de 13 000 à 3 000 annonces en 2024. Les pouvoirs publics ont laissé le marché s’emballer, insistant sur la nécessité de s’appuyer sur les acteurs privés pour rénover. Mais à quoi bon réparer une ville où l’on ne peut plus se loger ? À Marseille, le logement est en train de devenir un placement plutôt qu’un droit. La municipalité doit y mettre un terme.

MAMT
Mesure 61

Protéger les locataires par la mise en place de l’encadrement des loyers.Limiter les prix à la location, sur la base d’un loyer de référence juste, défini par quartier, taille et type de logement.

MAMT
Mesure 62

Empêcher la spéculation immobilière sur le logement neuf, par la mise en place d’une charte pour les promoteurs. Elle permettra de limiter les prix de vente dans le neuf dans des quartiers ciblés, incluant des plafonds de prix, des normes écologiques et sociales renforcées, des priorités d’achat pour les habitant·es et des clauses anti-spéculation.

MAMT
Mesure 63

Empêcher les plateformes touristiques de priver les habitant·es de logements. Renforcer la lutte contre les abus liés à Airbnb par des actions ciblées par quartier via la brigade municipale : interdiction des locations en zones tendues et pour les résidences secondaires, contrôles réguliers des annonces frauduleuses, sanctions publiques, transparence des données des plateformes et information des habitant·es sur les impacts du meublé touristique.

MAMT
Mesure 64

Reprendre la maîtrise publique du foncier pour garantir du logement abordable, en créant une foncière publique du logement. Elle sera anti-spéculative, chargée de cartographier et protéger le foncier municipal et de racheter en priorité des terrains stratégiques avant leur cession à des promoteurs. En lien avec l’Etablissement public foncier PACA, cela permettra d’en garantir l’usage pour des logements abordables selon des critères sociaux et anti-spéculatifs.

MAMT
Mesure 65

Mettre fin aux expulsions injustes par unarrêté municipal anti-expulsionset la création d’un service municipal, doté de moyens propres, intervenant dès les premiers impayés, en lien avec les bailleurs, pour agir avant toute procédure judiciaire.

MAMTLT
Mesure 66

Remunicipaliser Euromed et rétablir le pouvoir municipal sur l’aménagement. Stopper les expropriations injustes, protéger les habitant·es et les commerces populaires, et proposer une alternative publique pour le renouvellement urbain (voir exemple local pour plus de détails).

MALTMETMT
Mesure 67

Lutter contre la privatisation de la ville et la multiplication des résidences fermées. Imposer via le PLUi, des règles strictes de continuité des cheminements piétons, ouvrir les espaces abusivement fermés par des acquisitions foncières ciblées lorsque nécessaire, et réguler fermement les clôtures et dispositifs illégaux de fermeture.

NATMTMAMET
Mesure 68

Lutter pour une véritable mixité sur l’ensemble du territoire communal, en soutenant la révision de la loi Solidarité et Renouvellement Urbain (SRU). Obliger la construction de logements sociaux à l’échelle des arrondissements, et non plus de la ville dans son ensemble. Au niveau local, inscrire l’objectif de rattrapage de 25 % de logements sociaux dans tous les arrondissements de Marseille en le faisant inscrire dans le plan local de l’habitat.

Axe 4 : PROTÉGER, RÉPARER, SANCTIONNER : UNE STRATÉGIE GLOBALE CONTRE L’HABITAT INDIGNE

À Marseille, le parc ancien et mal entretenu regroupe près de 40 000 logements indignes, dont 20 000 passoires thermiques. L’habitat indigne est un cycle sans fin : lorsque certains immeubles sont rénovés, d’autres se dégradent aussitôt. Certains propriétaires profitent de la misère en louant des logements insalubres à prix fort, tandis que d’autres n’ont pas toujours les moyens de rénover. La crise du relogement aggrave cette situation, avec des milliers d’habitant·es évacués sans solution durable. Après le drame du 5 novembre, les collectifs ont remporté l’adoption d’une charte du relogement, mais elle reste trop peu appliquée. Nous lutterons contre l’habitat indigne de manière préventive et curative, pour faire respecter les lois existantes, accompagner dignement les habitant·es et lutter contre les marchands de sommeil et les spéculateurs.

MAMT
Mesure 69

Garantir des logements décents en généralisant le permis de louer à l’ensemble de la ville. Il permettra de contrôler les mises en location, conditionner les aides municipales au respect de la loi et sanctionner les propriétaires défaillants, notamment par le gel des loyers ou la mise sous gestion de leurs biens, en lien avec la brigade municipale du logement (chapitre 2, mesure 50).

MAMT
Mesure 70

Contraindre les propriétaires défaillants à réaliser les travaux nécessaires grâce à la convention de lutte contre l’habitat indigne. Renforcer son application et le recours aux travaux d’office, en lien avec la préfecture, afin de permettre à la mairie ou à l’État d’avancer les travaux à la place du propriétaire défaillant, puis d’en récupérer le coût.

NATMT
Mesure 71

Accélérer la rénovation de l’habitat dégradé à l’échelle de toute la ville.Élargir le périmètre de la Société Publique Locale d’Aménagement d’Intérêt National (SPLA-IN), en tant qu’opérateur, à l’ensemble de Marseille et accélérer sa mise en œuvre grâce à des moyens financiers renforcés de l’État et des partenaires. Garantir l’implication des habitant·es à chaque étape via des maisons de projet et un rôle central confié au Comité de maîtrise d’usage (CoMU), composé d’habitant·es et d’associations.

MACT
Mesure 72

Protéger les locataires et libérer la parole face aux marchands de sommeil. Mettre en place un accompagnement juridique et psychologique pour les locataires victimes de pratiques abusives, afin de sécuriser les signalements et de les soutenir dans l’ensemble de leurs démarches, en renforçant l’application de la charte du relogement.

MAMT
Mesure 73

Prévenir la dégradation des immeubles en lançant un programme de « chantiers solidaires ». Renforcer les actions existantes menées avec les habitant·es et les associations pour traiter les petits travaux du quotidien, tout en permettant, lorsque la sécurité ou les parties communes sont en cause, de constater la défaillance du propriétaire et de déclencher les travaux d’office nécessaires.

MAMT
Mesure 74

Anticiper les situations d’habitat indigne et simplifier les démarches des habitant·es. Créer, au sein de la régie municipale des ascenseurs (voir chapitre 2, mesure 56), un service de prévention de l’habitat chargé de mutualiser les diagnostics, les outils de contrôle, le partage d’informations et d’assurer un guichet unique pour les habitant·es.

MAMT
Mesure 75

Garantir un droit effectif à un logement sain en créant un service public municipal de lutte contre les nuisibles pour le parc privé et public. Il sera chargé du diagnostic, du traitement et de la prévention, coordonné avec les bailleurs et les associations, et doté d’un fonds d’urgence pour assurer la gratuité des interventions pour les ménages précaires.

Axe 5 : STOPPER L’EFFONDREMENT SOCIAL ET URBAIN DES COPROPRIÉTÉS DÉGRADÉES

À Marseille, la situation des copropriétés est très critique. Plus d’une centaine de grands ensembles de plus de 100 logements sont en alerte. Ils concentrent aujourd’hui des problèmes d’insalubrité, aggravés par des charges impayées qui bloquent les travaux. Les syndics sont souvent absents ou défaillants, et certains bailleurs majoritaires relèvent de pratiques proches de celles des marchands de sommeil. Les petites copropriétés ne sont pas épargnées : fragiles financièrement, mal gérées et souvent sans syndic actif, elles basculent rapidement dans le délabrement. Face à cette dégradation systémique, une intervention publique forte, sociale autant que technique, est indispensable.

MACT
Mesure 76

Lever les blocages financiers qui empêchent la réalisation des travaux indispensables. Mettre en place des fonds d’avance municipaux permettant aux copropriétaires modestes de réaliser les travaux de sécurité, de performance énergétique ou de salubrité sans avoir à avancer le montant des aides publiques, afin de débloquer rapidement les chantiers collectifs.

MAMT
Mesure 77

Prévenir la dégradation des petites copropriétés et soutenir leur entretien au quotidien, en créant un service municipal de proximité. En lien avec les chantiers solidaires et le service de prévention (chapitre 2, mesure 73), il permettra de mutualiser à l’échelle d’un îlot l’entretien, les diagnostics et les petites réparations, coordonné par la Ville avec des acteurs publics ou associatifs afin d’alléger les charges et repérer le plus tôt possible les situations à risque.

MACT
Mesure 78

Reconnaître les locataires comme des acteurs à part entière des copropriétés dégradées. Garantir leur représentation dans les instances de décision des copropriétés, et conditionner l’accès aux aides municipales à cette reconnaissance.

MACT
Mesure 79

Mettre la pression sur les syndics via le comité populaire du logement,en instaurant un système d’alerte et de soutien aux conseils syndicaux et en mobilisant des signalements officiels pour obliger les syndics à agir. Créer une agence municipale de soutien et de développement des syndics coopératifs, chargée d’apporter garanties financières, conseil, formation des copropriétaires et accompagnement à l’auto-gestion, et mettre en place un label municipal pour valoriser et encourager les bonnes pratiques.

MACT
Mesure 80

Éviter les syndics judiciaires et protéger les habitant·es quand ils y sont imposés. Mettre en place une médiation municipale entre syndics et habitant·es pour prévenir les blocages dans les copropriétés et ne pas en arriver au syndic judiciaire. Lorsque la mise sous syndic judiciaire est inévitable, assurer un suivi public régulier, informer les résident·es et associer les collectifs pour permettre un retour rapide à une gestion normale.

2. Tranquillité publique

DE LA RÉPRESSION À LA JUSTICE SOCIALE : REFONDER LA SÉCURITÉ

À Marseille, la sécurité ne peut se résumer à la répression : c’est avant tout une question de justice sociale et de dignité. Les trafics et les violences qui touchent les quartiers populaires sont le produit de décennies d’abandon politique et d’inégalités structurelles. Dans le même temps, le service public de la police est en crise profonde : accueil défaillant dans les commissariats, accompagnement insuffisant des victimes, services affaiblis par l’austérité et la politique du chiffre. La réponse répressive actuelle (LBD, arrestations préventives, surveillance de masse) s’est révélée brutale et liberticide, d’abord dans les quartiers populaires, puis contre les mouvements sociaux. Elle a en outre brisé la confiance avec la population, marquée par des violences policières parfois mortelles à Marseille, comme celles ayant coûté la vie à Zineb Redouane en 2018 ou Souheil El Khalfaoui en 2021. Dans le même temps, la criminalité la plus grave continue de prospérer, faute de moyens réellement dédiés à l’investigation.

Malgré un cadre prohibitif, le trafic de drogue demeure massif en France : la consommation de cocaïne a été multipliée par trois ces dix dernières années. Restaurer la tranquillité publique dans la ville suppose une refondation radicale. Nous devons investir massivement dans la prévention, la médiation et l’accompagnement social, réorganiser les forces de l’ordre sur des bases démocratiques et respectueuses des droits, et traiter les causes profondes des violences : pauvreté, exclusion, abandon des services publics etc. C’est à ce prix seulement que la sécurité cessera d’être un privilège réservé à certain·es pour devenir un droit partagé par toutes et tous.

Axe 1 : CONSTRUIRE UNE SÉCURITÉ DE PROXIMITÉ, TRANSPARENTE ET DÉMOCRATIQUE

À Marseille, nous refusons une sécurité centrée sur la répression. Nous défendons une police de proximité, présente dans tous les quartiers, formée à la médiation et travaillant avec les habitant·es, pour renforcer le lien social plutôt que la confrontation. Pendant ce temps, la Ville mise sur une gestion technopolicière : 500 nouvelles caméras ont été votées en 2024 pour 15 millions d’euros par an, alors que la vidéosurveillance ne permet d’élucider que 2,4 % des affaires. Aucune caméra ne remplacera la confiance et la présence humaine. Une sécurité réellement démocratique est nécessaire pour redonner du sens, protéger les libertés et remettre la population au centre des décisions.

NATMT
Mesure 81

Garantir une police nationale sûre, transparente et pleinement à la hauteur de ses missions. Mener une bataille au niveau national pour augmenter les effectifs, en particulier dans la police judiciaire, afin que l’État assume ses responsabilités régaliennes, et qu’elle n’incombe pas à la police municipale. Expérimenter le récépissé lors des contrôles d’identité pour lutter contre les discriminations et renforcer la confiance.

MAMT
Mesure 82

Faire de la police municipale une véritable police de proximité et répartir les effectifs par arrondissement. Cela permettra de mieux connaître le terrain, renforcer les missions de proximité (lutte contre les incivilités type stationnement gênant ou nuisance nocturne, médiation de voisinage, accompagnement des personnes fragiles) et améliorer la gestion interne via un audit complet sur les heures supplémentaires et astreintes. La police municipale ne participera pas aux grandes opérations de communication inutiles que sont « Place nette XXL » ou les opérations « Jumbo ».

MACT
Mesure 83

Construire une police municipale exemplaire dans la lutte contre les discriminations. Développer des modules et stages sur la gestion non violente des conflits, la lutte contre le sexisme, le racisme, le validisme et les violences intrafamiliales, en s’appuyant sur les associations spécialisées.

MACT
Mesure 84

Préserver une police municipale orientée vers l’apaisement plutôt que la confrontation, en refusant l’armement létal, quin’est utilisé que par 42 % des policiers municipaux en France. Comme à Lille, Bordeaux, Grenoble ou Paris, exclure les armes à feu et flash-balls, inutiles à leur mission de proximité et d’apaisement.

MACT
Mesure 85

Restaurer le dialogue entre les forces de sécurité et la population.Renforcer les Conseils locaux de sécurité et de prévention de la délinquance (CLSPD) par secteur, garantir la présence de l’ensemble des acteurs prévus par la loi de 2007 et l’élaboration d’une feuille de route annuelle commune et transparente, avec des réunions bimestrielles et la possibilité de convocations en urgence.

MACT
Mesure 86

Protéger les libertés publiques face aux dérives sécuritaires, en encadrant strictement la vidéosurveillance. Instaurer un moratoire sur toute nouvelle installation, en retirant les dispositifs d’intelligence artificielle (reconnaissance faciale, écoute automatisée) et en confiant à un comité citoyen indépendant l’évaluation de son efficacité et de son impact sur les libertés, avec restitution publique au conseil municipal.

Axe 2 : PRÉVENIR LES CONFLITS ET RENFORCER LE LIEN SOCIAL

Face à l’impasse du tout-répressif, la prévention doit redevenir le cœur de la sécurité à Marseille. Cela implique de soutenir pleinement celles et ceux qui agissent au quotidien : médiateur·rices, associations, travailleur·euses sociaux, équipes de santé mentale ou structures de quartier. En complément d’une police de proximité, ils forment un maillage indispensable pour apaiser les tensions, et accompagner les publics fragiles. Une sécurité efficace repose sur cette responsabilité partagée, où chaque acteur·rice concourt à la tranquillité publique. Les économies réalisées grâce au moratoire sur la vidéosurveillance seront réinvesties dans ces politiques de prévention et de médiation.

MACT
Mesure 87

Faire de la prévention et de la médiation les piliers de la tranquillité publique. Renforcer massivement les effectifs de médiateur·rices sur des enjeux clés (logement social, jeunesse, santé et addictions, relation police-population) et déployer, dans chaque secteur, une politique de prévention coordonnée avec les associations, les collectifs, les mairies de secteur et la police municipale.

MAMT
Mesure 88

Renforcer la solidarité de proximité et les services du quotidien dans les quartiers, en développant les conciergeries sur le modèle de celle d’Air Bel. Accompagner leur création par la mise à disposition de locaux et un soutien financier. Ces lieux d’entraide proposeront progressivement des services utiles (relais-colis, accès aux droits, etc.) et évolueront en fonction des besoins et des initiatives des habitant·es.

MACT
Mesure 89

Mettre en place une réponse sanitaire et humaine aux situations de détresse psychique. Former la police municipale à la reconnaissance des troubles mentaux, à la désescalade de conflits, et renforcer les équipes d’intervention pluridisciplinaires associant professionnel·les de santé et travailleur·euses sociaux, afin de sortir d’une logique exclusivement sécuritaire.

Axe 3 : TRAITER L’USAGE DE DROGUES COMME UN ENJEU DE SANTÉ PUBLIQUE

La politique répressive menée en France est un échec. Elle nourrit les marchés clandestins, alimente les violences et mobilise 30 % de l’activité policière et judiciaire, alors que la France reste le premier pays consommateur de cannabis en Europe. Nous voulons sortir de cette logique punitive et adopter une approche sanitaire, réaliste et efficace. Elle sera fondée sur la réduction des risques, l’accompagnement des consommateur·ices et la légalisation encadrée du cannabis, génératrice de bénéfices sociaux, sanitaires et économiques.

MACT
Mesure 90

Réduire les risques liés aux addictions et apaiser durablement l’espace public, en mettant en place une Halte soins addictions (HSA). En lien avec les associations spécialisées (voir section santé, mesure 165), elle permettra de réduire la présence de seringues dans l’espace public, de diminuer les scènes de consommation visibles et les tensions associées, et d’apaiser durablement la vie du quartier.

MALT
Mesure 91

Préparer la sortie du tout-répressif en matière de politique des drogues, en soutenant la bataille nationale pour la légalisation du cannabis. Une délégation d’élu·es sera chargée de recenser les sollicitations et propositions des associations, des collectifs et des experts sur le sujet. Elle réalisera un diagnostic des capacités locales de production, de formation et de distribution afin de préparer la ville en cas de légalisation.

MALT
Mesure 92

Renforcer la prévention et l’information face aux usages et aux réseaux, en proposant des formations régulières, pour sensibiliser aux risques liés aux drogues. Aider les parents à repérer les signes de fragilité chez leurs enfants et comprendre les stratégies d’embrigadement des réseaux. Elles seront organisées dans les collèges et lycées, en partenariat avec les services municipaux et les associations spécialisées.

Axe 4 : LUTTER CONTRE LA CRIMINALITÉ ORGANISÉE ET SES EFFETS DÉVASTATEURS SUR LA VIE DES HABITANT·ES

Face à la criminalité organisée, la liste Marseille Fière et Populaire défend une approche radicalement différente de la doctrine dominante, fondée sur les opérations coup de poing, la vidéosurveillance et la criminalisation des consommateur·rices. Il faut sortir de ces réflexes inefficaces, clarifier le débat et s’attaquer aux causes réelles : inégalités sociales, diversité des marchés de drogues, et failles d’un commerce mondialisé où les ports jouent un rôle central. L’État doit changer de stratégie, car soyons honnêtes sur ce sujet, une municipalité ne dispose pas de leviers directs pour lutter contre la criminalité organisée. Son rôle décisif se situe dans la prévention, l’accompagnement des victimes, le soutien aux acteur.ices de terrain, le renforcement des services publics et la coordination avec les combats menés au niveau national et européen.

NATLT
Mesure 93

Soutenir la bataille nationale pour une stratégie globale contre la criminalité organisée (Plan de lutte : « Du narcotrafic à une approche globale de la criminalité organisée », la France Insoumise, novembre 2024). Désarmer les réseaux : enrayer le trafic d’armes, légaliser le cannabis et s’attaquer au blanchiment d’argent, tout en brisant l’omerta grâce à un véritable statut de repenti. Déployer les moyens d’action : renforcer la police judiciaire, donner à la justice les moyens d’enquêter, développer la police de proximité, et améliorer la protection des victimes. Agir en amont : sortir les mineurs des trafics, lutter contre la corruption, prévenir la consommation par une approche sanitaire et redéployer les services publics pour tarir les bases sociales du crime organisé.

MACT
Mesure 94

Reloger systématiquement les familles de victimes qui le souhaitent,sans délai, que ce soit dans le parc social ou dans le parc privé.

MACT
Mesure 95

Mettre en place un dispositif d’accompagnement psychologique dédié aux familles de victimes.

MACT
Mesure 96

Renforcer massivement les effectifs de médiateur·rices, pour assurer une présence humaine et apaisante dans l’espace public.

MACT
Mesure 97

Déployer un dispositif municipal d’études dirigées et de soutien scolaire,dans toutes les écoles publiques de Marseille. L’échec scolaire est l’un des principaux facteurs de risque d’entrée dans la délinquance à l’adolescence.

MACT
Mesure 98

Créer une cellule municipale de coordination contre la criminalité organisée, réunissant la Ville, les représentant·es de l’État, ainsi que des associations et des familles de victimes.

3. École publique

GARANTIR L’ÉGALITÉ ET L’ÉMANCIPATION

L’école est le socle de notre République : c’est là que se construit l’avenir de nos enfants et celui du pays. Face aux défis à venir, notamment écologiques, elle doit privilégier la coopération plutôt que la compétition et transmettre le sens de l’intérêt général. L’école publique est aussi un espace d’émancipation, où chacun·e peut apprendre, développer son esprit critique et acquérir les moyens d’être libre et autonome.

À Marseille pourtant, l’état des écoles reste alarmant. Beaucoup d’entre elles présentent encore des risques graves : infiltrations, vétusté, structures fragilisées, et présence d’amiante (au moins 85 écoles concernées selon une enquête France 5 en 2023, probablement bien plus : voir section « santé »). Le plan de rénovation de Marseille en Grand s’est révélé être une nouvelle source de profit pour les entreprises privées, en charge de l’entretien et de la maintenance, avec des coûts trois fois plus élevés par rapport à une gestion publique. L’encadrement des enfants est lui aussi insuffisant, notamment sur les temps du midi et après l’école, où l’on atteint parfois un adulte pour 60 élèves, loin du ratio réglementaire pour l’accueil collectif de mineur.es (1 adulte pour 14 enfants en maternelle, 1 pour 18 en élémentaire). À cela s’ajoute une restauration scolaire affaiblie par des années de privatisation, alors même que notre région regorge de producteur·rices de qualité. Enfin, Marseille connaît l’une des pires ségrégations scolaires du pays : écoles publiques affaiblies, concurrence avec le privé, 22 collèges des quartiers nord tous classés REP+, et une carte scolaire taillée pour éviter la mixité sociale.

Ces constats montrent l’urgence d’une politique globale : rénover les bâtiments, renforcer l’encadrement et garantir enfin des repas sains et abordables à tous les enfants marseillais.

Axe 1 : DÉFENDRE L’ÉCOLE PUBLIQUE ET L’ÉGALITÉ D’ACCÈS

À Marseille, l’école publique tient debout grâce au dévouement des équipes éducatives, mais elle fait face à de nombreux obstacles. Classes surchargées, absence d’accompagnement pour les élèves en situation de handicap, inégalités territoriales et décisions opaques : aujourd’hui, ce sont les enfants et leurs familles qui en paient le prix. Si la Ville n’a pas la main sur tout, elle peut, et doit, agir pour défendre une école réellement égalitaire, et garantir à chaque enfant marseillais les mêmes chances de réussir, quel que soit son quartier.

NATMT
Mesure 99

Garantir à chaque enfant des conditions d’apprentissage dignes et un accompagnement adapté. Exiger de l’État l’ouverture de postes d’enseignant·es pour atteindre des classes à taille humaine, comparables aux standards européens (19 élèves en moyenne), ainsi que le recrutement d’accompagnant·es d’élèves en situation de handicap (AESH) en nombre suffisant. Chaque enfant reconnu par la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) devra bénéficier d’un accompagnement personnalisé, assuré par des AESH disposant d’un véritable statut. La Ville pourra compléter leurs contrats afin de garantir une continuité d’accompagnement, y compris sur le temps méridien.

MADPTMT
Mesure 100

Faire de la carte scolaire un outil de justice, de proximité et de mixité.Garantir une sectorisation scolaire transparente, inclusive et fondée sur la proximité, en fixant des règles simples et publiques, et en veillant à ce que chaque enfant dispose d’une école accessible à moins de quinze minutes à pied. Ouvrir une négociation avec le Département pour revoir également la sectorisation des collèges et assurer une cohérence à l’échelle du territoire.

MAMT
Mesure 101

Assurer l’égalité d’accès aux projets éducatifs, culturels et sportifs sur l’ensemble du territoire, en créant une régie municipale de transport scolaire et éducatif. Ces transports seront accessibles à tous les enfants marseillais, quel que soit leur quartier de résidence.

MAMT
Mesure 102

Affirmer la priorité donnée à l’école publique, avec des subventions municipales à l’enseignement privé limitées au minimum légal, dans le respect du principe d’égalité de traitement.

MAMT
Mesure 103

Faire de la Caisse des écoles un levier de justice sociale et d’égalité pour l’école publique. En faire un outil transparent et équitable, finançant les projets des écoles (séjours, actions pédagogiques) et soutenant concrètement les familles en difficulté (fournitures scolaires, cantine, etc.).

MAMT
Mesure 104

Créer un véritable réseau citoyen autour de l’école publique. Parce qu’une école forte s’appuie sur une communauté mobilisée, nous renforcerons les Délégué·es départementaux de l’Éducation nationale (DDEN) avec un appel à candidatures ouvert, et créerons une communauté active des Représentant·es de Parents d’Élèves (RPE) via la Plateforme Marseille ma ville (voir chapitre 1) pour partager besoins et solutions. Chaque année, une grande Fête de l’École publique sera organisée pour rassembler écoles, familles et quartiers autour des valeurs d’égalité et d’émancipation.

Axe 2 : RECONSTRUIRE ET ADAPTER LE BÂTI SCOLAIRE ET SES ALENTOURS

En 2021, Emmanuel Macron et Benoît Payan annonçaient un milliard d’euros pour rénover 188 écoles. En échange, la mairie confie alors la rénovation lourde à la Société Publique des Écoles Marseillaises (SPEM) et devient un terrain d’expérimentation des politiques macronistes. Quatre ans plus tard, surgissent des écoles démesurées de trente classes, tandis que la plupart des fonds annoncés ne sont que des emprunts municipaux. L’entretien privatisé coûte désormais trois fois plus cher, et les abords restent exposés au bruit, à la pollution et à un manque de sécurisation. Des écoles restent impraticables dès qu’il fait trop chaud, trop froid ou qu’il pleut, et la qualité des équipements dépend encore trop souvent du pouvoir d’achat des parents. Nous défendons au contraire des écoles à taille humaine, égalitaires et adaptées au dérèglement climatique.

MAMT
Mesure 105

Mettre fin aux écoles surdimensionnées et reconstruire un réseau d’écoles de proximité à taille humaine, en lançant un nouveau plan école. Il sera fondé sur la concertation avec les parents, les équipes éducatives, les agents et les élu·es de secteur, ainsi que sur une analyse fine des besoins de chaque quartier. Programmer la rénovation et la construction d’écoles plus petites, sobres et adaptées aux usages réels, en s’inspirant de modèles de proximité éprouvés. Une planification claire garantira le relogement des élèves pendant les travaux et un maillage équilibré d’écoles à taille humaine dans toute la ville.

MAMT
Mesure 106

Rendre à la Ville la maîtrise de l’entretien et de la rénovation de ses écoles, en réintégreant la SPEM au sein des services municipaux d’ici la fin du mandat. Créer un corps municipal d’agent·es de maintenance de proximité présents dans les écoles pour assurer l’entretien courant et préventif, le suivi des installations et la coordination des entreprises extérieures intervenant sur site.

MALT
Mesure 107

Protéger les enfants face au réchauffement climatique à l’école, en lançant un plan Ombre et Fraîcheur. Il permettra de végétaliser et désimperméabiliser systématiquement les cours d’écoles et leurs abords, afin de lutter contre les îlots de chaleur et améliorer le confort des élèves.

MALTMET
Mesure 108

Sécuriser et apaiser les abords des écoles pour protéger la santé des enfants, avec davantage de Rues aux écoles. Piétonniser et végétaliser progressivement les abords, fermer la circulation aux heures d’entrée et de sortie, ou réduire fortement la vitesse des voitures lorsque la fermeture n’est pas possible. À terme, transformer ces rues en espaces apaisés, verts et adaptés aux enfants, conçus avec les habitant·es et les équipes éducatives.

MAMT
Mesure 109

Réduire durablement le bruit autour des écoles pour améliorer les conditions d’apprentissage, en lançant l’Opération 35 décibels. Revoir les plans de circulation, les limitations de vitesse et le déploiement des rues scolaires, afin de permettre l’ouverture continue des fenêtres en été et de limiter les nuisances sonores qui perturbent les apprentissages.

Axe 3 : GARANTIR DES REPAS SAINS ET LOCAUX DANS LES CANTINES

À Marseille, les parents et les enfants se plaignent de la qualité des repas à la cantine. La plupart sont préparés par de grandes entreprises, cuisinés un ou deux jours à l’avance puis simplement réchauffés dans les écoles. Près de 55 000 repas par jour sortent ainsi d’usines centralisées, dont plus de 7 000 sont fabriqués à 100 km de Marseille. Ce modèle, industriel et déconnecté du territoire, nuit au goût, à la qualité nutritionnelle et à l’environnement. Nous y mettrons fin en créant des cuisines à taille humaine réparties dans la ville, capables de préparer chaque matin des repas frais et locaux.

MALT
Mesure 110

Reprendre la main sur la qualité, le goût et la provenance des repas, par la remunicipalisation des cantines. À long terme, remplacer la cuisine centrale industrielle par des cuisines de proximité non industrielles couvrant l’ensemble des écoles, assurant des repas livrés chauds et de meilleure qualité, et recruter des cuisinier·es.

METMT
Mesure 111

Soutenir une alimentation saine, locale et durable à la cantine, en favorisant systématiquement les produits locaux. Sécuriser les approvisionnements en lien avec la filière bio locale, et rééquilibrer les menus en réduisant la part des protéines carnées au profit des protéines végétales, avec la mise en place d’une option végétarienne quotidienne.

MAMT
Mesure 112

Faire de l’accès à une alimentation digne un droit pour tous les enfants, en rendant la cantine gratuite. Un enfant sur cinq arrive à l’école le ventre vide et 8 millions de Français·es dépendent aujourd’hui de l’aide alimentaire. Bien manger, quel que soit le revenu de ses parents, ne doit pas être un privilège : nous en ferons un droit.

MAMT
Mesure 113

Assurer qu’aucun enfant ne commence la journée scolaire le ventre vide, par la mise en place de petits déjeuners gratuits, en priorité dans les quartiers populaires. Appuyer les associations et les régies de quartier qui le font, avec un soutien logistique, financier et une coordination municipale.

Axe 4 : RENFORCER L’ENCADREMENT, LE PÉRISCOLAIRE ET L’ÉMANCIPATION DES ENFANTS

À Marseille, tout ce qui se passe en dehors de la classe (pause du midi, récréations, temps périscolaire) est aujourd’hui largement sous-encadré. Les effectifs manquent de transparence, les postes d’agent·e territorial·e spécialisé·e des écoles maternelles (ATSEM) ont reculé et sont souvent remplacés par des contrats précaires. Résultat : moins d’accompagnement, et des enfants privés d’activités culturelles, sportives ou de soutien scolaire, surtout dans les quartiers populaires. Or, l’école publique repose sur une communauté éducative large et complémentaire : enseignant·es, ATSEM, animateur·rices, AESH, centres sociaux, etc. Nous voulons la renforcer, avec des équipes stables et formées dans chaque école, pour garantir à tous les enfants un cadre sûr et émancipateur.

MALT
Mesure 114

Reconnaître pleinement le rôle éducatif des ATSEM et réduire leurs missions pour les affecter à 100 % sur le temps scolaire. Elles pourront ainsi se consacrer à l’accompagnement éducatif, au bien-être et à la sécurité des enfants, ainsi qu’au lien avec les enseignants et les familles. Requalifier massivement les contractuel·les pour leur donner un vrai statut de fonctionnaire.

MACT
Mesure 115

Suivre et évaluer l’encadrement des enfants dans chaque école, par la mise en place d’un registre public et transparent des effectifs présents (ATSEM, AESH, agent·es d’entretien, animateur·rices). Présenté à chaque conseil d’école et consolidé à l’échelle de la ville, il permettra d’évaluer objectivement la qualité de l’accompagnement et d’ajuster les moyens.

MAMT
Mesure 116

Garantir l’accès à l’art et à la culture comme droit éducatif, en priorité dans les quartiers populaires. Renforcer la place de l’art à l’école par des jumelages avec les structures culturelles, des résidences d’artistes, la création de pôles d’éducation aux médias et à l’image (sur le modèle de l’Alhambra) et une augmentation significative des moyens pour diffuser des spectacles dans les écoles et les crèches.

MALT
Mesure 117

Faire de l’animation un pilier de l’égalité des chances, en créant une filière municipale d’animateur·rices. Ils seront formés, stabilisés et reconnus comme des acteur·rices essentiels de l’éducation. Des équipes seront présentes dans les écoles, les centres sociaux et les quartiers pour garantir un encadrement éducatif, culturel, sportif et d’éducation à l’environnement à la hauteur des besoins des enfants.

MALT
Mesure 118

Redonner aux centres sociaux un rôle central dans l’éducation et la vie des quartiers. Renforcer leur place dans le parcours éducatif en augmentant les subventions pluriannuelles et en soutenant des projets collectifs associant enfants, parents et associations autour d’activités, de soutien et d’accompagnement.

MALT
Mesure 119

Assurer à chaque enfant un accompagnement scolaire gratuit et de qualité. Élargir le dispositif d’études dirigées et de soutien scolaire à toutes les écoles publiques de Marseille. Organiser sur le temps périscolaire des moments d’accompagnement encadrés par des animateur·rices et éducateur·rices qualifiés, en lien avec les enseignant·es volontaires, les associations partenaires et les centres sociaux.

4. Culture

Marseille est une ville d’une immense vitalité artistique, où la création est présente partout et sous toutes ses formes : spectacle vivant, cinéma indépendant, arts visuels, hip-hop, street art, radios associatives, etc. La majorité de cette vie culturelle repose sur les associations et les collectifs. Véritable levier d’émancipation, la culture permet aussi de partager une mémoire commune et de construire un imaginaire collectif.

Pourtant, à Marseille comme ailleurs, la culture reste reléguée au second plan des priorités politiques : coupes budgétaires, privatisation rampante, politique culturelle à deux vitesses. Les grandes institutions ou regroupements de structures s’en sortent globalement, tandis que les lieux indépendants sont fragilisés, parfois sanctionnés pour leurs choix artistiques. Cela entraîne une uniformisation des imaginaires, des pressions policières, notamment sur la vie nocturne, et un manque de lieux de création et de diffusion. Des quartiers entiers restent sans équipements accessibles, et nombre de Marseillais·es sont éloignés de l’offre faute d’information ou de moyens financiers. L’enseignement artistique public est insuffisant, laissant les familles dépendre de cours privés, qui ne sont pas accessibles à tous·tes en raison de leur prix, ou de propositions associatives fragiles. Dans ce contexte, la culture devient un moteur de gentrification : hausse des loyers, déplacement des habitant·es, effacement des cultures populaires – comme en 2013 avec l’année Capitale européenne de la culture – et encore aujourd’hui avec des politiques tournées vers les touristes et les investisseurs.

Il est urgent de défendre les biens communs culturels et de reconstruire un véritable service public des arts et de la culture. En dialogue constant avec les travailleur·ses de la culture, nous voulons remettre la création au cœur de notre politique municipale, et la protéger des logiques de marché. Cela permettra d’assurer une culture diverse, à l’image de la ville, et accessible à toutes et tous, sur l’ensemble du territoire.

Axe 1 : DÉFENDRE ET SOUTENIR LES MOYENS DE LA CRÉATION

Nous reprenons à notre compte les mots d’André Breton : « Toute licence en art ». Aujourd’hui, le manque de moyens restreint la liberté de création et de programmation. Les artistes doivent pouvoir créer librement, avec des moyens financiers et matériels suffisants, et des lieux adaptés. Or, Marseille ne répond pas à ces besoins : trop peu de théâtres, aucun cinéma municipal pour les festivals, peu d’espaces d’exposition publics, et des équipements souvent vieillissants ou difficiles d’accès. La municipalité doit renforcer l’accompagnement des artistes et leur garantir des lieux de diffusion accessibles et durables.

MAMT
Mesure 120

Garantir la liberté de création et de programmation. Repenser l’attribution des subventions à partir d’un cahier des charges co-construit avec les lieux, les associations, les artistes et les publics, afin de garantir leur indépendance. Les aides seront conditionnées à des critères transparents, puis votées en conseil municipal et consultables publiquement (voir chapitre 1 - mesure 20). Il faudra aussi revenir sur les décisions arbitraires ayant entraîné fermetures et suppressions de structures.

MAMT
Mesure 121

Soutenir durablement les arts et la culture, en créant une Maison municipale de la création. Cette structure de coordination rassemblera un pôle public d’accompagnement professionnel et juridique gratuit, un service de l’emploi culturel, un guichet facilitant l’accès aux ateliers (mise en place d’une aide financière à la location d’atelier et garantie municipale), ainsi que des studios, salles de montage et espaces attribués selon des critères transparents. Elle intégrera aussi un centre de création numérique, un pôle d’aide à l’écriture (avec un soutien aux résidences) et un accompagnement à la transition écologique des lieux. La maison fera office de plateforme de prêt de matériel technique, acheté par la mairie ou mutualisé entre les équipes.

MACT
Mesure 122

Faire de l’art un levier de transformation de l’espace public. Appliquer le 1% artistique, qui permet de consacrer 1% du budget à la commande d’œuvres d’art dans la construction, la rénovation et l’aménagement des bâtiments et espaces publics, en mettant en lien les artistes et les habitant·es.

MACT
Mesure 123

Optimiser les ressources municipales au service de la création artistique. Recenser et mutualiser les lieux et les équipements existants, élaborer les conditions d’un dialogue régulier pour définir collectivement les besoins des artistes et structures en termes de lieux, espaces de travail et matériel. Créer, au sein de la maison municipale de la création, une plateforme qui recensera les lieux municipaux disponibles et leurs conditions d’accès, avec un agenda.

MALT
Mesure 124

Mettre fin au manque d’espaces pour la création artistique, en créant un réseau de lieux de répétition, de stockage et d’exposition. Ils seront accessibles en priorité aux structures sans locaux.

MALT
Mesure 125

Rendre public l’audit du bâti municipal et programmer en priorité la construction et la rénovation d’équipements de proximité dans les quartiers qui en manquent (cinémas, bibliothèques, etc.).

Axe 2 : RENFORCER L’AIDE AUX ASSOCIATIONS ET COLLECTIFS CULTURELS INDÉPENDANTS

Les associations et collectifs font vivre l’essentiel de la culture marseillaise : théâtres, cinémas, librairies, salles de concert, maisons d’édition, labels, festivals, etc. Malgré leur vitalité – une trentaine de librairies indépendantes, et une centaine de collectifs musicaux – ils restent peu soutenus et souvent menacés par le manque de moyens ou le coût du foncier. Nous leur garantirons un appui financier et matériel, et l’accès à des lieux, pour renforcer leur existence et l’ancrer dans le temps.

MACT
Mesure 126

Soutenir les artistes locaux, notamment émergents, et leurs équipes. Garantir des financements dédiés (voir chapitre 1, mesure 29), via la commande publique, le développement de fonds municipaux (notamment d’art contemporain).

MACT
Mesure 127

Protéger les lieux culturels indépendants et lutter contre la gentrification culturelle, en créant un service municipal dédié. Il sera chargé d’accompagner les collectifs installés dans des lieux précaires ou autogérés, de les protéger des expulsions et de faire le lien avec les institutions et les propriétaires. Il assurera aussi une veille active contre la gentrification culturelle.

MACT
Mesure 128

Construire une politique de la nuit non répressive, en dialogue avec celles et ceux qui la font vivre. Sous la responsabilité d’un·e adjoint·e à la vie nocturne, créer un comité populaire de la nuit (voir chapitre 1, mesure 8) comme à Paris, Lyon, Toulouse. Il réunira chaque mois riverain·es, gérant·es de lieux et pouvoirs publics afin de dialoguer, soutenir en priorité les lieux existants, puis engager la création de nouveaux lieux. Il lancera un plan d’insonorisation et préviendra les offensives sécuritaires de la préfecture (contrôles fréquents, fermetures administratives).

MAMT
Mesure 129

Garantir des lieux stables et accessibles pour les projets culturels indépendants. Mettre à disposition des locaux avec des baux de 3, 6 ou 9 ans et des loyers modérés. Ils seront attribués en priorité dans les quartiers populaires et aux projets non lucratifs.

MAMTLT
Mesure 130

Rééquilibrer l’accès à la culture sur l’ensemble du territoire marseillais.Créer de nouveaux lieux culturels en réhabilitant des locaux vacants ou en préemptant des commerces inutilisés, via des appels à manifestation d’intérêt, en priorité dans les quartiers aujourd’hui dépourvus d’espaces culturels.

Axe 3 : RENDRE LA CULTURE ACCESSIBLE À TOUTES ET TOUS

Reconstruire un véritable service public municipal de la culture, c’est remettre la création au centre, tout en la rendant accessible à tous·tes. La création n’a de sens que si elle rencontre son public. Nous soutiendrons la diversité artistique, et développerons une politique culturelle de proximité, avec des outils d’information adaptés, des lieux ouverts à tous·tes, des tarifs accessibles et une programmation qui réponde aux aspirations des habitant·es.

CT
Mesure 131

Faire de l’accès à la culture un droit effectif, quels que soient l’âge et les revenus, en renforçant la tarification sociale dans l’ensemble des structures culturelles. Conditionner les subventions importantes à ce critère, et dans les équipements municipaux, proposer des places à très bas coût ainsi que des gratuités ciblées selon l’âge ou les revenus.

MACT
Mesure 132

Garantir des musées municipaux dotés d’orientations claires et de moyens à la hauteur. S’assurer de la rédaction de projets scientifiques et culturels pour les musées de la Ville, assortis d’objectifs précis, de calendriers de mise en œuvre et de moyens identifiés, ainsi que d’indicateurs de suivi.

MACT
Mesure 133

Reconnecter les grands équipements culturels municipaux avec leurs publics. Redéfinir les projets artistiques de l’Opéra, de l’Odéon, des bibliothèques et des autres établissements en régie directe afin de renouer le lien avec les habitant·es. Maintenir l’Opéra comme lieu de création, diversifier les programmations et renforcer l’ouverture aux œuvres contemporaines et aux artistes locaux.

MAMT
Mesure 134

Démocratiser l’accès aux œuvres et soutenir la diffusion de l’art contemporain. Faire du Fonds communal d’art contemporain (FCAC) la base d’une artothèque, gérée par les bibliothèques municipales. Elle permettra l’exposition, le prêt et la diffusion d’œuvres dans les bibliothèques, les écoles et les musées municipaux, accompagnés d’actions de médiation.

MACT
Mesure 135

Favoriser l’implication citoyenne dans la programmation artistique municipale (cinéma, théâtre, musées). Soutenir les associations culturelles et l’éducation populaire, et commencer par associer les comités de quartier autour de la programmation dans quelques lieux test. Développer des jurys citoyens, notamment dans le cadre des festivals.

MAMT
Mesure 136

Faire des lieux culturels de véritables espaces de vie de quartier, en ouvrant et adaptant leurs horaires en particulier des bibliothèques, au rythme des habitant·es. Elargir leurs usages au-delà des spectacles pour accueillir débats, rencontres, fêtes et cafés, avec des dispositifs d’accueil des enfants.

MACT
Mesure 137

Rompre avec la hiérarchie entre cultures dites « élitistes » et populaires.Inciter les lieux culturels à s’ouvrir aux créations urbaines (hip-hop, rap, stand-up etc.) et soutenir les espaces inclusifs permettant l’expression de toutes les cultures présentes à Marseille.

Axe 4 : PRÉSERVER LE PATRIMOINE MARSEILLAIS ET LE VALORISER DANS SA DIVERSITÉ

Avec 2 600 ans d’histoire, Marseille possède un patrimoine immense, des églises aux friches, en passant par les calanques. Il ne se résume pas à son histoire antique et chrétienne, mais englobe aussi son passé industriel, militant, et colonial. Pourtant, il reste peu et mal protégé : seuls 93 édifices sont classés, soit vingt fois moins qu’à Paris. Il est urgent de préserver, questionner et faire vivre ce patrimoine dans toutes ses dimensions, matérielles comme immatérielles, et de défendre la culture populaire marseillaise.

MACT
Mesure 138

Reconnaître le patrimoine comme un bien commun vivant, porté par les habitant·es, comme le reconnaît la Convention de Faro. Développer une politique patrimoniale fondée sur une vision élargie du patrimoine et de ses liens avec les communautés et la société.

MACT
Mesure 139

Doter la Ville d’une gouvernance claire et démocratique du patrimoine, en créant une délégation municipale dédiée avec son propre adjoint·e. Elle s’appuiera sur une commission consultative extra-municipale réunissant élu·es, associations, historien·nes et habitant·es, afin de faire remonter les enjeux de préservation et de planifier les travaux nécessaires.

MANATLT
Mesure 140

Rendre visibles, protéger et transmettre toutes les mémoires marseillaises. Soutenir les associations qui transmettent l’histoire antique, ouvrière, coloniale et migratoire de la ville. Engager avec l’État un plan de classement du patrimoine industriel et militant du XXème siècle (usine Haribo, Maison des dockers, Bourse du travail), naturel (voir chapitre 3) et immatériel, pour préserver ces lieux et mémoires essentiels.

MACT
Mesure 141

Ancrer la diversité des cultures et des patrimoines marseillais dès l’école. Dans les écoles volontaires, mettre en place dès la maternelle et l’élémentaire un dispositif d’éveil aux cultures provençales et marseillaises, entendues dans toute leur diversité : langues et civilisations de l’Antiquité, langues régionales, créoles et langues des diasporas présentes à Marseille.

Axe 5 : DÉVELOPPER LA PRATIQUE ET L’ÉDUCATION ARTISTIQUE POUR TOUTES ET TOUS

Le rapport aux arts se construit tout au long de la vie, et la municipalité y joue un rôle déterminant : elle organise l’enseignement artistique public (musique, danse, arts plastiques, etc.) et soutient l’éducation culturelle à l’école. Pourtant, à Marseille, l’offre est très insuffisante et profondément inégale : un seul conservatoire, quasi délabré pour toute la ville, alors que Paris en compte un par arrondissement. L’éducation artistique scolaire reste elle aussi trop limitée. Dès le premier mandat, nous renforcerons massivement cette offre, en priorité dans les quartiers dépourvus, pour garantir à chacun·e un accès à une pratique artistique de qualité, hors des logiques de marché et de précarité.

MAMT
Mesure 142

Démocratiser massivement l’accès à l’enseignement artistique.En concertation avec les équipes, envisager la municipalisation de la Cité de la Musique afin d’augmenter de 50 % le nombre de places en musique, danse et théâtre d’ici la fin du mandat, d’aligner les statuts des enseignant·es sur la fonction publique, de garantir leur indépendance de programmation et de réduire les frais d’inscription pour les élèves.

MAMT
Mesure 143

Garantir un accès équitable à l’enseignement artistique sur tout le territoire, en créant des antennes du conservatoire. Commencer par le nord et le sud de la ville puis dans chaque secteur, les relier à des auditoriums, des espaces de répétition et d’enregistrement, et à des maisons de la musique (du rap, des musiques urbaines, etc.) ouvertes à toutes et tous.

MACT
Mesure 144

Lever les freins financiers à la pratique musicale dès l’enfance,notamment pour les familles modestes, grâce à la mise à disposition d’instruments à bas coût.

MACTMT
Mesure 145

Favoriser la mixité sociale dans les parcours artistiques scolaires.Ouvrir des classes artistiques à horaires aménagés (musique, théâtre, etc.) dans chaque secteur qui en est aujourd’hui dépourvu, en lien avec l’Éducation nationale, en veillant à la diversité sociale des élèves.

MALT
Mesure 146

Faire de l’enseignement des arts plastiques un véritable service public, en créant une école municipale d’arts plastiques. Proposer une formation initiale, ainsi que des cours pour adultes, en lien avec les structures existantes et via une labellisation publique, afin de rompre avec la privatisation croissante de l’enseignement artistique.

LT
Mesure 147

Donner aux Beaux-Arts de Marseille les moyens et la reconnaissance nationale qu’ils méritent. Mener la bataille avec l’État pour obtenir le statut d’École nationale supérieure d’art, permettant l’accès aux financements nationaux, l’alignement des rémunérations des enseignant·es et un allègement de la charge financière pour la Ville.

MAMT
Mesure 148

Consolider le rôle des Maisons de la jeunesse et de la culture (MJC),comme piliers de l’éducation populaire, et développer leurs partenariats avec les centres sociaux.

5. Sport

Axe 1 : LANCER UN GRAND PLAN POUR L’APPRENTISSAGE DE LA NATATION

Faire du sport à Marseille reste difficile en raison du manque d’infrastructures, notamment de piscines Avec seulement 14 piscines publiques, Marseille ne dispose que de 6 m² de bassin pour 1 000 habitant·es, loin des 18 m² recommandés par le ministère des Sports. Cette offre est en outre très inégalement répartie : cinq arrondissements n’ont aucune piscine, tandis que le 8ème en compte trois. Les équipements existants sont souvent fermés, en particulier l’été, et leur gestion semble chaotique : en août 2025, seules cinq piscines étaient ouvertes, soit une pour 160 000 habitant·es. Faute d’infrastructures, un·e enfant marseillais·e sur trois ne sait pas nager à l’entrée en 6ème. Si la situation s’est améliorée ces dernières années, elle reste insuffisante. Nous ferons en sorte que tous les enfants marseillais sachent nager avant l’entrée au collège, et que chacun·e puisse accéder à la pratique de la natation.

MACT
Mesure 149

Garantir l’apprentissage de la natation comme un droit pour tous les enfants. Renforcer les dispositifs gratuits d’apprentissage de la natation dès le plus jeune âge : augmenter significativement les cours de natation, en optimisant les créneaux disponibles, en recrutant et en poursuivant la formation des maîtres-nageur·euses.

MACT
Mesure 150

Lever les freins matériels à l’accès à la piscine pour les familles.Fournir à chaque élève de primaire, à la demande des parents, un kit piscine (maillot, bonnet, serviette) afin de garantir un accès réellement gratuit à l’apprentissage de la natation.

MACT
Mesure 151

Permettre l’accès à la natation pendant l’été, en particulier dans les quartiers populaires. Multiplier par deux le nombre de piscines mobiles estivales et élargir leurs horaires afin de permettre au plus grand nombre d’enfants et d’adultes d’apprendre à nager.

MACT
Mesure 152

Mettre fin aux projets coûteux, peu écologiques et peu accessibles de la majorité, figurant dans le plan d’investissement pluriannuel 2024-

MACTMT
Mesure 153

Rénover un réseau de piscines publiques sobres, accessibles et réparties équitablement. Planifier la réhabilitation des piscines en mauvais état selon le modèle de la « piscine essentielle », inspirée par le nageur Alain Bernard, pour un coût maîtrisé de moins de 5 millions d’euros par équipement, contre des projets actuels dépassant 70 millions d’euros.

Axe 2 : RÉNOVER ET CONSTRUIRE DES ÉQUIPEMENTS SPORTIFS POUR TOUS·TES

À Marseille, les infrastructures sportives sont souvent insuffisantes, vétustes ou difficilement accessibles. Piscines, terrains et gymnases souffrent d’un manque d’entretien, et présentent des conditions de sécurité insuffisantes. Leur ouverture est limitée par des horaires restreints et une gestion parfois défaillante. Les associations peinent à trouver des créneaux pour leurs entraînements et à organiser leurs activités, ce qui réduit l’offre sportive pour les Marseillais·es.

MACT
Mesure 154

Garantir un accès équitable aux équipements sportifs municipaux, en repensant l’attribution des créneaux dans les infrastructures municipales. Limiter le nombre de séances par club, en tenant compte du nombre d’adhérent·es et du respect des règles de subvention (voir chapitre 1, mesure 25), afin d’éviter la monopolisation des lieux par certains clubs et d’assurer un accès juste à toutes les associations.

MACT
Mesure 155

Améliorer la qualité du service public sportif et la transparence de la gestion. Mettre en place une interface permettant aux usager·es de signaler les dysfonctionnements et d’être informés des travaux, puis recruter à moyen terme les effectifs nécessaires pour élargir les amplitudes horaires (gardien·nes, maîtres-nageur·euses, etc.).

MACT
Mesure 156

Remettre à niveau les équipements sportifs et réduire leur impact environnemental. Rénover les infrastructures existantes et planifier les travaux nécessaires (entretien, mise aux normes, rénovation thermique), et planifier la réduction de leur empreinte environnementale.

MACTMT
Mesure 157

Développer une pratique sportive de masse grâce à des équipements sportifs de proximité, de qualité, et non genrés : futsals, city-stades ou terrains polyvalents. Ils seront situés à l’abri des nuisances (axes routiers, pollution) et respectueux de l’environnement, avec vestiaires, douches, WC et abri contre la pluie.

Axe 3 : POUR UN SPORT POPULAIRE, ACCESSIBLE PARTOUT ET À TOUTES ET TOUS

Nous rejetons le modèle du « sport business », qui réduit la politique sportive à la course aux médailles et aux grands événements internationaux. Coûteux et largement déconnectés du sport de proximité, ces événements, comme la Coupe du monde de rugby ou les Jeux olympiques à Marseille, ont surtout bénéficié à la Marina, le stade nautique du 8ème arrondissement. Nous voulons au contraire placer le loisir, le collectif et l’inclusion au cœur du sport, en soutenant la féminisation des pratiques, le handisport et le sport adapté. Nous le ferons avec des acteurs clés de la ville, notamment les groupes de supporters de l’OM qui, opposés au football business, jouent aussi un rôle social et culturel essentiel. Enfin, penser le sport aujourd’hui, c’est aussi intégrer les enjeux de santé, de déplacements et d’accès à la nature. Les sports de pleine nature : randonnées, kayak, escalade, voile, etc., seront développés via le soutien aux associations, clubs spécialisés et écoles municipales.

MAMT
Mesure 158

Garantir l’accès au sport pour tous les enfants, en particulier les filles, pour qui l’accès est plus compliqué. Créer une bourse municipale pour les filles et partiellement prise en charge pour les garçons de 4 à 17 ans. Elle sera basée sur le quotient familial unique, en partenariat avec des clubs engagés dans une tarification solidaire.

MACT
Mesure 159

Valoriser et permettre l’accès au sport au plus grand nombre à travers un événement annuel permettant de faire découvrir les associations sportives (fête du sport, fête des associations, etc.).

MACT
Mesure 160

Faire du sport un levier de santé publique et de bien-être quotidien.Créer des parcours sport-santé dans la ville en développant des espaces et équipements de proximité, écologiques et accessibles à toutes et tous (pistes de course, skate, sentiers, équipements dans les parcs et sur le littoral), favorisant une pratique libre et inclusive.

MALT
Mesure 161

Ouvrir l’accès à la mer et aux sports nautiques au plus grand nombre.Créer de nouveaux clubs municipaux de voile et de plongée proposant des tarifs sociaux, en lien avec les dispositifs de classes découvertes et les centres de loisirs.

MALTCT
Mesure 162

Défendre la liberté d’expression et le rôle social des supporters.Soutenir les groupes de supporters de l’OM lorsqu’ils sont menacés de dissolution pour des actes d’expression politique ou symbolique, comme ce fut le cas en 2025 à la suite du déploiement d’un tifo palestinien au Vélodrome.

MAMT
Mesure 163

Protéger les équipements sportifs de la marchandisation et de la privatisation. Refuser le « naming » par des marques des équipements sportifs municipaux et étudier la possibilité de mettre fin au contrat de nommage du stade Vélodrome. Elle permet à l’entreprise qui le finance d’associer son nom au stade sur une période de dix ans (jusqu’en 2026).

6. Santé

ENTRE CRISE DES MOYENS ET INALIGALITÉS D’ACCÈS

En France, Marseille est l’une des villes les plus touchées par la ségrégation sociale, ce qui place l’égalité face à la santé comme un défi prioritaire à relever. Dans les quartiers Nord, l’offre de soins en médecine générale est deux, voire quatre fois moindre, que dans le reste de la ville. Le médecin traitant, quand il existe, est souvent le seul recours pour répondre aux besoins d’une population généralement précaire. Cette inégalité se cumule avec l’habitat insalubre, la pollution, les violences urbaines et le manque d’infrastructures pour la jeunesse, les personnes âgées et les familles.

Sur l’ensemble de la ville, les défis restent nombreux. Les populations vulnérables (personnes précaires, sans-papiers, femmes victimes de violences entre autres) rencontrent des obstacles pour accéder aux soins et connaître leurs droits. L’offre de services reste déséquilibrée, notamment en santé mentale et prévention, avec des troubles psychiques sous-estimés, un accès limité aux spécialistes et une coordination difficile entre les acteurs de la santé. Enfin, le manque de moyens financiers pèse lourdement sur l’Assistance Publique - Hôpitaux de Marseille (AP-HM), contrainte de recourir à l’emprunt pour financer son fonctionnement. Il affecte aussi profondément les structures du médico-social, acteurs de terrain essentiels, dont les conditions de travail se dégradent de manière alarmante.

La santé ne se limite pas aux soins : elle dépend des conditions sociales, économiques et environnementales et appelle une approche globale, centrée sur la prévention. Elle doit être accessible à toutes et tous, non seulement en matière de prise en charge, mais aussi de compréhension et d’information. Les citoyen·nes doivent pouvoir se réapproprier ces enjeux afin de défendre une santé au service de l’intérêt général, et non d’intérêts privés. Cela suppose enfin des moyens financiers à la hauteur, car l’austérité fragilise la santé de la population et finit par coûter plus cher à la collectivité.

Axe 1 : LUTTER CONTRE LES DÉSERTS MÉDICAUX ET GARANTIR UN ACCÈS À LA SANTÉ POUR TOUS·TES

Les politiques d’austérité imposées par Emmanuel Macron et ses prédécesseurs fragilisent gravement l’hôpital public. Marseille en paie le prix avec des urgences saturées, un manque de soignant·es, et des fermetures de lits, comme à l’hôpital Édouard-Toulouse, qui a perdu la moitié de sa capacité en psychiatrie en octobre 2024. Dans les quartiers Nord, la situation est encore plus alarmante : on ne compte que 65 médecins généralistes pour 100 000 habitant·es, soit deux fois moins que la moyenne nationale. Face à cette crise, la Ville doit agir avec l’AP-HM pour créer de nouvelles structures de soins et promouvoir la santé communautaire. Recommandée par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), cette approche tient compte des réalités sociales et territoriales des habitant·es et les implique dans des actions collectives durables.

NATCT
Mesure 164

Défendre l’hôpital public et mettre fin à son démantèlement. En lien avec les mobilisations syndicales et citoyennes, exiger l’arrêt des fermetures de services et la réouverture des lits supprimés, en utilisant pleinement le rôle de président·e du Conseil de surveillance de l’AP-HM comme levier politique.

NATCTMA
Mesure 165

Soutenir la mobilisation citoyenne pour modifier la loi et ouvrir enfin une Halte soins addictions (HSA) à Belsunce, conformément aux demandes des collectifs d’habitant·es. Déjà éprouvées à Paris et Strasbourg, les HSA réduisent les overdoses, les infections graves, les passages aux urgences et les tensions locales. À Marseille, toutes les conditions étaient réunies (cadre légal, financement de l’Agence régionale de santé, accord de l’État et engagement du programme municipal de 2020), mais la municipalité sortante n’a pris aucune mesure.

MACT
Mesure 166

Démocratiser les politiques de santé et rendre les habitant·es acteurs des décisions, en créant un comité populaire (voir chapitre 1, mesure 8) de la santé. Il réunira habitant·es, soignant·es, chercheur·euses et associations pour identifier les besoins et co-construire les politiques locales. En lien avec ce comité, ouvrir une Académie populaire de la santé proposant formations et ateliers, et publier sur l’application Marseille ma ville un état des lieux accessible des structures médicales.

MAMETMT
Mesure 167

Garantir un accès aux soins de proximité sur tout le territoire, en soutenant le développement de centres de santé municipaux pluridisciplinaires. La Ville ciblera en particulier les quartiers populaires, grâce à des appuis sur le foncier, des aides financières et, si nécessaire, l’embauche directe de soignant·es.

MAMETCT
Mesure 168

Aller vers les habitant·es pour lutter contre les déserts médicaux, par la mise en place d’une caravane sanitaire mobile. Elle sera dotée d’une équipe pluridisciplinaire, intervenant dans les quartiers sous-dotés en offre de soins.

MAMTMETCT
Mesure 169

Créer une mutuelle municipale solidaire pour les habitant·es de la ville,fondée sur une prise en charge éthique, sans dépassements d’honoraires ni conditions restrictives, afin de répondre à l’urgence de l’accès aux soins.

Axe 2 : AGIR SUR LES MILIEUX DE VIE ET L’AMIANTE POUR PROTÉGER LA SANTÉ

La santé des Marseillais·es dépend directement de la qualité de leur environnement. Pollutions, chaleur, bruit, eaux sales ou bâti dégradé pèsent lourdement sur le bien-être, en particulier dans les quartiers populaires. Parmi ces dangers, l’amiante est l’un des plus graves. Présente dans de nombreux bâtiments publics (écoles, crèches, gymnases, bibliothèques, centres sociaux), elle continue, près de trente ans après son interdiction, d’exposer enfants, agent·es et familles à un risque mortel : une seule fibre peut suffire. Face à cette menace sanitaire et environnementale, un plan de suppression immédiat et prioritaire de l’amiante s’impose pour garantir enfin un environnement sain à tous·tes.

MALT
Mesure 170

Protéger durablement la population et les agent·es face au scandale sanitaire de l’amiante, en lançant un plan de désamiantage massif. Sur dix ans, il sera financé par la Ville, la Région, l’État, les fonds européens et des actions en responsabilité contre les industriels. Réaliser un audit exhaustif de l’ensemble des bâtiments municipaux construits avant 2000 afin de disposer, pour la première fois, d’une vision complète permettant d’agir vite, à grande échelle et de manière coordonnée.

MACT
Mesure 171

Garantir le droit à l’information et à la transparence sur les risques liés à l’amiante. Mettre en ligne, sur l’application Marseille ma ville, une base publique « Info Amiante » rassemblant l’ensemble des documents disponibles, notamment les dossiers techniques amiante (DTA), afin que personne ne découvre un risque trop tard.

MACT
Mesure 172

Reconnaître les expositions passées et protéger les droits des agent·es municipaux.ales. Fournir systématiquement, y compris de manière rétroactive, une attestation d’exposition aux personnels ayant travaillé dans des bâtiments amiantés, garantir leurs droits en matière de santé et de suivi médical, et créer un registre municipal des expositions transmissible à la médecine du travail pour assurer un suivi régulier, traçable et adapté.

MACT
Mesure 173

Protéger la santé des habitant·es face aux pollutions en créant un Observatoire Santé–Environnement public et accessible (voir détails chapitre 3, mesure 197).

Axe 3 : PRENDRE SOIN DE LA SANTÉ MENTALE DES JEUNES ET DES PLUS FRAGILES

Face à des inégalités territoriales et sociales fortes, la santé mentale des Marseillais·es se dégrade. Malgré des projets pionniers portés par des médecins et associations, le manque d’infrastructures de soin et de connexion entre elles pousse dans la détresse des milliers de personnes fragiles et de jeunes. Il est urgent de renforcer les dispositifs d’écoute, de soutien psychologique et de prévention auprès des jeunes en difficulté, et de rompre avec le cycle de stigmatisation afin de bâtir une ville plus apaisée.

MACT
Mesure 174

Faire de la santé mentale une priorité de santé publique municipale.Élaborer un plan municipal de prévention et d’accueil des personnes en souffrance psychique, incluant un soutien renforcé aux Centres Médico-Psychologiques (CMP), la réouverture des CMP fermés et l’extension de ceux existants.

MACT
Mesure 175

Garantir un accès au logement stable et à l’accompagnement pour les personnes en grande souffrance psychique. Augmenter le nombre de logements temporaires ou semi-permanents réservés aux personnes sans domicile souffrant de troubles psychiques, sous forme de logements pérennes disséminés dans la ville et assortis d’un suivi médico-social renforcé, en lien étroit avec l’AP-HM.

MACT
Mesure 176

Intégrer pleinement la santé mentale dans la démocratie sanitaire locale, en développant le Conseil d’Orientation en Santé Mentale prévu par la loi. Il sera en lien avec le conseil populaire de la santé, afin d’assurer sa pleine intégration dans la politique de santé publique municipale.

MACTMT
Mesure 177

Aller vers les personnes les plus isolées pour prévenir les ruptures de soins, en renforçant les équipes de maraudes médico-sociales, avec une présence accrue dans les gares, les quartiers populaires et les zones d’errance.

MAMTNAT
Mesure 178

Garantir un accès effectif à la santé mentale pour tous les enfants et les jeunes. Exiger de l’Éducation nationale le développement des services de médecine scolaire, d’infirmerie et de psychologie, afin que chaque élève scolarisé puisse bénéficier d’un accompagnement adapté.

Axe 4 : RENFORCER LA SANTÉ ET LA SÉCURITÉ DES FEMMES

Marseille fait face à de fortes inégalités territoriales qui touchent d’abord les femmes. Les quartiers sous-dotés manquent de structures de santé, d’information et de protection. La ville peut agir en renforçant l’accueil, le logement sécurisé, la prévention et l’accès aux droits. Elle doit aussi améliorer la visibilité des dispositifs d’aide et soutenir les parcours de soins. Ces axes permettent de construire une ville plus sûre, plus équitable et plus protectrice pour toutes les Marseillaises.

MAMT
Mesure 179

Garantir une prise en charge globale et digne des femmes en situation de précarité ou victimes de violences. Aider et soutenir le développement de structures d’accueil dotées d’équipes pluridisciplinaires, en particulier dans les quartiers sous-dotés, afin d’assurer un accompagnement médical, social et psychologique adapté.

MAMT
Mesure 180

Rendre l’information accessible à toutes les femmes, quels que soient la langue ou le quartier, en créant un pôle d’information multilingue. Il centralisera l’ensemble des ressources d’aide sur une plateforme unique, et diffusera largement ces informations dans l’espace public, les transports, les centres de soins et les quartiers isolés.

MACT
Mesure 181

Donner à chaque femme les moyens de comprendre et de prendre soin de sa santé tout au long de sa vie. Diffuser un livret de santé des femmes abordant les différentes étapes de la vie, la santé mentale et sexuelle, ainsi que la prévention des MST/IST, distribué largement dans les écoles, les centres sociaux et les lieux de soins.

MACT
Mesure 182

Mettre fin à la précarité menstruelle et renforcer la prévention en santé sexuelle. Installer des distributeurs gratuits de protections menstruelles, faciliter l’accès aux préservatifs et aux dépistages, soutenir le Planning familial et les centres IVG, et mener des campagnes régulières d’information et de prévention.

7. Propreté

RENDRE LA VILLE PROPRE, MIEUX VALORISER LES DÉCHETS ET FAIRE BAISSER LA FACTURE

La saleté de Marseille est devenue si banalisée qu’elle semble parfois faire partie de l’identité de la ville, au point que beaucoup finissent par croire qu’elle est inévitable. Pourtant, cette situation n’a rien à voir avec un prétendu manque de civisme ou le travail des éboueurs : elle résulte avant tout de choix politiques et de l’absence d’une stratégie claire et durable.

Aujourd’hui, la gestion des déchets est morcelée entre la Métropole, la Ville et une multitude de prestataires privés, sans pilotage unifié. Cette fragmentation et la multiplication des marchés publics ont entraîné une forte hausse des coûts - avec une taxe d’enlèvement des ordures ménagères en hausse de 18,1 % à Marseille contre 9,37 % en moyenne nationale - ainsi que des dysfonctionnements récurrents et des performances de tri insuffisantes. Même la collecte des déchets des écoles est confiée au privé, une aberration coûteuse et inefficace. Face à ce constat, nous proposons une refonte complète de la politique de gestion des déchets et de l’entretien des espaces publics, pour rendre Marseille propre et faire baisser la facture.

METMT
Mesure 183

Reprendre la main sur la propreté pour un service plus juste et moins cher, à travers une régie publique pour collecter et traiter les déchets, au lieu de les confier à une multitude d’entreprises privées. Cela permettra d’avoir le même niveau de service partout, notamment dans les quartiers Nord et le centre ancien, et de rendre publics chaque année les coûts, les quantités collectées et les résultats du tri, quartier par quartier.

MACT
Mesure 184

Mettre fin aux déchets jetés dans la rue et nettoyer plus vite, en créant un centre de commandement opérationnel unifié à l’échelle de la ville pour coordonner le nettoyage et intervenir rapidement sur les dépôts sauvages. Renforcer la brigade de l’environnement sur le terrain pour contrôler et sanctionner les dépôts professionnels (artisans, commerçants, chantiers).

MACT
Mesure 185

Adapter la collecte aux besoins réels de chaque quartier. Avec les habitant·es et les comités de quartier, la Ville fera un diagnostic local pour ajuster les jours de passage, le nombre de bacs et les équipements nécessaires. Là où c’est utile, de nouveaux points de tri, bacs pour le carton ou ressourceries de proximité seront créés.

MACT
Mesure 186

Réduire les déchets pour faire baisser la taxe.Des équipes d’accompagnement au tri iront au contact des habitant·es pour expliquer, équiper et faciliter le tri et le compostage. Moins de déchets enfouis ou brûlés, c’est moins de dépenses inutiles et, à terme, une taxe d’enlèvement des ordures ménagères plus basse.

MACT
Mesure 187

Mieux trier dans les immeubles, pas seulement dans la rue. La Ville mettra en place une charte du tri avec les bailleurs sociaux et les syndics pour : améliorer l’aménagement des locaux poubelles et l’information des résident·es. La collecte de déchets dans les voies privées sera conditionnée à des engagements clairs pour améliorer le tri et éviter les débordements.

MACT
Mesure 188

Généraliser le compostage dans toute la ville.Des composteurs collectifsseront installés dans chaque parc et au pied des grands ensembles pour éviter que les déchets alimentaires finissent à la poubelle. Cela permettra d’anticiper la fin de l’enfouissement, prévue en 2030, et de réduire la pollution.

MACTMT
Mesure 189

Faire des écoles et bâtiments municipaux des exemples de propreté et de tri. Réintégrer la collecte des déchets scolaires et municipaux dans la régie publique et transformer les écoles en sites pilotes de tri et de compostage pédagogique dès le plus jeune âge.

MAMT
Mesure 190

Renforcer le contrôle des entreprises en les obligeant à conserver leurs déchets sur site et à assumer intégralement les coûts de leur collecte (paiement de la redevance spéciale).

Mesure 191

Déployer des déchetteries locales sur l’ensemble du territoire pour faciliter le dépôt des déchets professionnels.