Rendre le pouvoir aux Marseillaises et aux Marseillais
La commune est le niveau de pouvoir politique le plus proche des citoyen·nes, de leur quotidien et de leurs réalités. S’y investir est donc essentiel. À une époque où les défis sociaux, écologiques et démocratiques s’accumulent, l’échelon local devient central pour organiser l’engagement collectif. Nées de la Révolution de 1789, les communes doivent leur nom aux « communs » :
tous les espaces et les ressources que nous partageons et devons gérer ensemble. Elles restent pour nous un levier central de la révolution citoyenne, entendue comme la reprise en main des institutions démocratiques par le peuple lui-même.
À Marseille, cette exigence est d’autant plus forte que la démocratie locale y est aujourd’hui gravement défaillante. Une part importante de la population n’est pas inscrite sur les listes électorales, et beaucoup d’inscrit·es ne votent plus. Environ 130 000 habitant·es étranger·es ne peuvent tout simplement pas voter, malgré leur présence de longue date sur le territoire. Ces différentes formes d’exclusion réduisent la voix d’une partie des Marseillais·es.
Marseille souffre aussi d’une profonde défiance envers ses élu·es, nourrie par des scandales de corruption et un clientélisme étendu. Le fonctionnement institutionnel est également complexe et peu lisible: les habitant·es peinent à savoir qui décide de quoi entre les mairies de secteur, la mairie centrale et la métropole. À ce millefeuille institutionnel s’ajoute, de façon unique en France, la mainmise de l’État sur des compétences clés de la ville - l’entretien des écoles, le logement, la culture - illustrée par des projets comme « Marseille en Grand », qui concentre les décisions au niveau national plutôt que local. De surcroît, la ville de Marseille est structurellement sous-financée au regard des données démographiques, des fractures sociales et territoriales, sans compter le retard pris depuis des décennies, que ce soit par la Métropole ou par l’État.
Enfin, des acteurs essentiels de la vie démocratique sont eux aussi fragilisés : les 25 000 associations de la ville, maillon central du lien social, manquent de moyens et de locaux, et sont elles aussi victimes d’un clientélisme encore trop présent.
Pourtant, Marseille porte en elle un potentiel immense est particulièrement présent dans les quartiers populaires, où les habitant·es peuvent s’engager dans l’habitat, la culture, ou la protection de l’environnement. Les Marseillais·es ont une longue tradition de mobilisation sociale, de manifestations et d’actions collectives, qui témoigne de leur exigence de justice et de bien commun. Enfin, la population très diverse offre également une opportunité unique de construire - en s’appuyant notamment sur les méthodes de l’éducation populaire - une démocratie plus inclusive et participative, capable d’intégrer toutes les voix.
À nouveau dans notre histoire, nous souhaitons faire des communes ces lieux où s’invente la révolution citoyenne, et de Marseille une ville pionnière. Le nouveau communalisme que nous portons affirme le pouvoir du peuple. Il redonne la parole au plus grand nombre, aux mineur·es, aux étranger·es. Il explore toutes les manières par lesquelles les citoyen·nes peuvent exercer directement ce pouvoir, de façon décisionnelle, plutôt que par simple délégation. Il refuse les privilèges de l’argent, combat la corruption et lutte contre l’austérité budgétaire. Nous mettrons en place cette nouvelle façon de gouverner.
1. Le pouvoir au peuple
ROMPRE AVEC LE CLIENTÉLISME ET GOUVERNER AVEC LES HABITANT·ES
La commune est l’échelon politique le plus proche des citoyen·nes, et à Marseille, l’enjeu est particulièrement fort. Le Printemps Marseillais promettait une « révolution démocratique » fondée sur la transparence et la co-construction, mais les grandes décisions (urbanisme, budget, grands événements sportifs, etc.) restent prises sans réelle concertation. La vie politique marseillaise reste également marquée par des pratiques abusives. Des fraudes électorales de 2020, à l’affaire Vassal en 2025, sans compter un clientélisme omniprésent. Contrairement à la corruption qui relève de l’enrichissement personnel illégal, le clientélisme consiste à accorder des emplois, ou des logements par exemple, en échange d’un soutien politique. Il prospère particulièrement à Marseille, où les rapports de pouvoir sont imbriqués, et les élu·es doivent composer avec une multiplicité d’intérêts et d’acteurs : institutions, figures locales, syndicats, groupes informels, etc.
Pour contrer ces dérives et en finir avec la monarchie municipale, il faut donner le pouvoir au peuple. Cela passe par plus de démocratie directe et la création de conditions concrètes pour que chacun·e se sente légitime d’y prendre part : accès à l’information, aux outils et aux espaces de participation. Les élu·es doivent aussi en être les garant·es, et accepter des règles claires de transparence et de contrôle citoyen.
À Marseille, la démocratie reste inachevée : beaucoup d’habitant·es n’ont pas les moyens ou les droits pour participer pleinement à la vie publique. Le taux d’abstention élevé (35 % au second tour de l’élection présidentielle de 2022) traduit une désillusion et un manque de confiance envers la politique. Dans ce contexte, il est urgent de donner aux habitant·es toute leur place dans la vie publique. La municipalité engagera des moyens concrets pour simplifier les démarches, rendre l’information accessible, et créer les conditions d’une participation réelle.
Garantir une démocratie locale inclusive,en soutenant la participation des résident·es étranger·es et des mineur·es dès 16 ans à la vie démocratique. Au niveau national, engager la modification de la Constitution pour leur reconnaître le droit de vote ; au niveau local, leur garantir l’accès à toutes les instances et votations citoyennes (référendums d’initiative locale, vœux citoyens).
Renforcer la participation électorale,en lançant une grande campagne d’inscription sur les listes électorales. Mettre fin aux radiations abusives, en intégrant systématiquement l’inscription (ou la vérification) sur les listes électorales à chaque démarche administrative.
Donner à tous·tes les moyens concrets de participer à la vie publique, en s’appuyant sur l’éducation populaire (assemblées de quartier, enquêtes participatives, marches exploratoires, cahiers de doléances). La Ville mettra des salles municipales à disposition des associations, syndicats et partis toute l’année, et fera des écoles de véritables lieux de vie de quartier ouverts, pouvant accueillir les activités associatives.
Améliorer le lien direct entre la mairie et les habitant·es, en renforçant à la fois les outils numériques et la présence de terrain. L’application « Marseille ma ville » centralisera services, démarches et participation citoyenne, tandis que chaque mairie de secteur disposera d’un guichet unique avec accompagnement aux droits, inclusion numérique et permanences juridiques. Les panneaux d’affichage public seront réhabilités et développés pour l’expression citoyenne, associative et culturelle.
Garantir l’accès aux services publics pour toutes et tous, en soutenant les associations de traduction, d’interprétariat et d’apprentissage du français afin de lever les barrières linguistiques à la participation et à l’accès aux droits.
Après avoir renforcé les moyens de la participation, il s’agit de créer les instances et les outils qui permettent aux habitant·es de peser réellement sur les décisions publiques. Trop souvent cantonné·es à un rôle d’observateur·rice, les Marseillais·es doivent pouvoir agir, débattre et décider à toutes les échelles de la vie municipale. Comités de quartier, assemblées citoyennes ou dispositifs de pétition : ces espaces favorisent un exercice direct du pouvoir, du quartier jusqu’au Conseil municipal. Nous garantirons en leur sein la transparence des processus de décision et de suivi des projets.
Redonner du pouvoir aux habitant·es, par la mise en place des comités de quartier prévus par la loi, partout à Marseille. Ouverts à toutes et tous, ils réuniront habitant·es, associations (y compris les comités d’intérêt de quartier [CIQ], et les comités d’initiative et de consultation d’arrondissement [CICA]), collectifs et élu·es. Ces instances permettront de débattre, s’informer, se former et co-construire les projets locaux. Dotés de budgets participatifs et d’investissement, ils se réuniront au moins trois fois par an et pourront inscrire des sujets à l’ordre du jour du conseil municipal. Un accueil des enfants sera prévu pour favoriser la participation de tous·tes.
Faire entendre la voix des citoyen·nes jusqu’à la mairie centrale, en renforçant l’Assemblée citoyenne du futur. 111 habitant·es tirés au sort, représentatifs de tous les quartiers, chargés d’élaborer des propositions concrètes. Elle disposera d’un droit d’initiative pour soumettre directement des délibérations inscrites à l’ordre du jour du Conseil municipal.
Associer durablement la société civile à l’action publique, en créant des comités populaires. Liés aux délégations municipales, ils pourront suivre, évaluer et co-piloter les politiques publiques. Composés d’un groupe limité d’acteurs (associations, chercheur·euses, habitant·es, usager·es, etc.), leur fonctionnement garantira transparence et intérêt général, avec des compensations prévues pour lever les freins à l’engagement.
Démocratiser le budget et la commande publique. Mettre en place un comité populaire du budget pour débattre des grandes orientations et en assurer l’évaluation annuelle. Mettre en place un comité populaire de la commande publique pour co-construire les projets d’aménagement (diagnostic partagé, co-rédaction des cahiers des charges, choix des prestataires et suivi des projets). Les marchés privilégieront les acteurs ancrés localement, selon des critères sociaux et écologiques stricts.
Faire appliquer pleinement le droit de pétition prévu par le règlement intérieur de la Ville. Lorsqu’une pétition recueille plus de 10 000 signatures, son initiateur·rice pourra présenter le sujet au Conseil municipal, qui devra l’examiner et y apporter une réponse officielle.
Permettre aux habitant·es de prendre directement des grandes décisions locales en appliquant pleinement le droit aux référendums locaux, dans l’attente du référendum d’initiative citoyenne (RIC). Les référendums pourront avoir lieu à l’échelle de la ville ou d’un secteur. Lorsqu’une pétition atteint 10 % des électeur·rices du périmètre concerné (c’est-à-dire les résident.es votant) la mairie organise un référendum ; si la participation dépasse 50 %, le résultat est appliqué, notamment sur des enjeux majeurs comme l’avenir des croisières ou les démolitions de logements.
À Marseille, le clientélisme, les passe-droits et les privilèges des élu·es creusent le fossé avec la population, tandis que les inégalités entre quartiers renforcent le sentiment d’abandon. Trop souvent, les décisions se prennent au sein d’un cercle restreint plutôt que dans un souci d’intérêt général. Pour y mettre fin, il faut abolir les privilèges des élu·es, garantir une transparence totale et faire respecter les règles de probité publique. Malgré le cadre légal existant contre la corruption, le népotisme ou le détournement de fonds, ces pratiques persistent et alimentent la défiance ; avec un coût estimé à 120 milliards d’euros par an en France selon une étude d’Anticor.
Garantir une attribution juste et transparente des ressources publiques.Assurer la transparence dans l’attribution des logements sociaux, des places en crèches, des marchés publics et des emplacements dans l’espace public, grâce aux comités populaires et à la présence d’usager·es au sein des conseils d’administration et commissions des services publics municipaux (Centre communal d’action sociale [CCAS], bibliothèques, Commission consultative des services locaux [CCSPL], etc.).
Mettre fin au clientélisme et au népotisme dans les recrutements publics.Suspendre les embauches municipales et métropolitaines 3 à 6 mois avant et après les élections, hors urgence avérée et uniquement après appel à candidatures et concours. Interdire l’embauche de proches des élu·es sans procédure ouverte et transparente.
Prévenir les conflits d’intérêts et rendre l’action des élu·es pleinement transparente. Publier l’ensemble des rendez-vous des élu·es avec des représentant·es d’intérêts privés, refuser tout cadeau ou avantage, et mettre en place un dispositif de détection des conflits d’intérêts avant chaque conseil municipal, avec obligation de retrait des débats ou votes concernés.
Imposer la sobriété et l’exemplarité des élu·es dans l’usage de l’argent public. Rééquilibrer les indemnités entre mairie centrale, mairies de secteur et métropole, supprimer ou limiter les primes liées aux conseils d’administration, et encadrer strictement les frais de réception pour exclure tout usage partisan ou privé des fonds publics.
Renforcer la démocratie locale et le rôle des mairies de secteur en instaurant une conférence les réunissant avant chaque conseil municipal, comme exigé par la loi. Cette instance permettra de mieux coordonner l’action publique et de faire des mairies de secteur de la liste « Marseille fière et populaire » de véritables maisons du peuple, ouvertes et utiles aux habitant·es.
Protéger celles et ceux qui dénoncent les abus, en créant une Maison des lanceur·euses d’alerte. Elle assurera protection, accompagnement juridique et psychologique, et anonymat si nécessaire. Elle sera en lien avec un service de déontologie contraignant et une instance citoyenne indépendante composée d’associations, d’habitant·es et d’élu·es de tous bords qui traiteront les signalements de corruption ou de clientélisme.
Dans une démocratie vivante, le vote ne suffit pas : les citoyen·nes doivent pouvoir comprendre et suivre les décisions prises. Aujourd’hui, l’information publique reste trop souvent difficile d’accès. Nous respecterons la loi du 7 octobre 2016 sur la transparence et assurerons le suivi des demandes d’accès aux documents administratifs. Les élu·es devront également rendre des bilans réguliers de leurs actions, et une procédure de révocation sera prévue en cas de non-respect des engagements de campagne. Ces mesures renforceront la transparence, la responsabilité et la confiance entre habitant·es et représentant·es.
Garantir une transparence totale de l’action municipale. Toutes les études commandées par la mairie seront rendues publiques, y compris en amont des conseils municipaux lorsqu’elles éclairent le débat. Les projets de délibération et leurs annexes seront publiés au moins sept jours avant chaque séance, et les votes mis en ligne après chaque conseil. Un registre public recensera l’ensemble des demandes d’études et les réponses apportées, la Ville s’engageant à appliquer systématiquement les avis de la Commission d’accès aux documents administratifs (CADA) pour garantir le droit à l’information.
Encadrer strictement l’action des élu·es par une charte des élu·es.Elle sera renforcée et complétée par une charte spécifique du·de la maire, afin d’assurer le respect des engagements pris devant les électeur·rices.
Rendre les élu·es réellement révocables et le pouvoir au peuple.Au niveau national, mener la bataille pour modifier la Constitution et instaurer un référendum d’initiative citoyenne révocatoire, déclenché après un an de mandat par une pétition réunissant 10 % du corps électoral, y compris pour le·la maire. Nos élu·es s’engagent à respecter le résultat d’un tel référendum ; tout manquement entraînera leur exclusion du groupe.
Décloisonner les services pour renforcer l’efficacité des politiques publiques et la coopération entre les élu·es et les agent·es. Créer des cellules transversales de projets réunissant urbanisme, logement, transports, éducation et environnement par exemple, pour assurer la cohérence et l’efficacité de tous les grands projets et des actions de planification.
Mettre en place une politique d’Open Data pour garantir l’accès aux données publiques en simplifiant leur lecture avec géolocalisation des services publics.
2. Les associations
SOUTENIR CELLES ET CEUX QUI FONT VIVRE LA DÉMOCRATIE AU QUOTIDIEN
Marseille compte une vie associative d’une grande vitalité : avec près de 25 000 associations dans toute la ville. Elles remplissent des missions essentielles (accès aux droits, à la santé, à l’éducation) et interviennent souvent là où les pouvoirs publics sont absents, notamment dans les quartiers périphériques. Réactives en temps de crise, comme lors de l’accueil des migrant·es, elles servent aussi de relais entre habitant·es et institutions, en facilitant la compréhension des services publics et en développant l’éducation populaire. Enfin, elles recréent du lien social, animent des espaces partagés et garantissent une offre culturelle et éducative, accessible à toutes et tous.
Aujourd’hui, ces associations sont gravement menacées. Elles manquent de moyens financiers, et souffrent de logiques délétères d’appels à projets concurrentiels qui les poussent à fermer. Leur liberté est de plus en plus contrainte. Elles sont soumises à un contrôle renforcé de l’État au niveau national, ou fragilisées par des pratiques clientélistes et électoralistes dans l’attribution des subventions au niveau local.
Dans notre politique, les associations auront un rôle central d’initiative et de contre-pouvoir. Elles sont les alliées indispensables pour mener une politique de rupture, et auront des moyens renforcés pour assumer cette responsabilité. Nous défendrons un accès facilité aux lieux, aux financements durables et une relation fondée sur la transparence et la coopération.
Nous voulons une relation de coopération entre la municipalité et les associations. Il est nécessaire de donner aux associations les moyens de fonctionner, en respectant leur autonomie. Il est impératif de mettre fin aux relations clientélistes entre certain·es élu·es et associations, où les subventions sont attribuées non selon le travail accompli, mais comme levier d’influence électorale tacite.
Garantir la liberté et l’indépendance du monde associatif en menant au niveau national le combat pour abroger le contrat d’engagement républicain et le remplacer par une charte d’engagements réciproques entre l’État, les collectivités et les associations.
Refonder la relation entre la Ville et les associations en co-élaborant une charte de la vie associative avec l’ensemble des acteurs volontaires, afin de clarifier les règles, sécuriser les financements et garantir la liberté d’expression et d’action associative.
Mettre fin au clientélisme dans l’attribution des subventions en instaurant un cahier des charges clair, élaboré par une commission mixte associant citoyen·nes, élu·es et agent·es. Les financements seront accordés selon des critères transparents : utilité sociale, travail réel sur le terrain, égalité femmes-hommes, conditions de travail dignes et bien-être des salarié·es, respect des conventions collectives, tarification sociale et pratiques professionnelles respectueuses et non discriminantes. Nous veillerons à la place des femmes et des personnes racisées dans ces structures associatives.
Mettre à jour la liste des projets financés par la ville, leur suivi, et leur bilan. Elle sera consultable sous format numérique, via l’application « Marseille ma ville » (voir chapitre 1, mesure 4).15
Depuis des années, les associations manquent de moyens financiers et matériels, ce qui les contraint à consacrer beaucoup de temps à la recherche de fonds au détriment de leurs missions d’intérêt général. Les conditions de travail des professionnel·les, notamment dans le domaine médico-social, se dégradent : confronté·es à des publics précaires et à des situations d’urgence, ils et elles doivent limiter les aides ou choisir leurs usager·es, et ont peu de temps ou d’espaces pour exprimer leurs difficultés au travail. Pour assurer la stabilité de ces associations, il est urgent de leur garantir l’accès à des locaux, de créer de nouvelles infrastructures et de soutenir leur financement.
Financer les associations à hauteur réelle du travail qu’elles fournissentet réduire le délai de paiement ferme de 50 % de la subvention à 60 jours, encadrer le versement d’acomptes, et verser le solde maximum 30 jours après l’envoi des justificatifs marquant la fin des projets.
Donner de la stabilité aux associations. Privilégier les conventions pluriannuelles et subventions de fonctionnement pour permettre aux associations de se projeter et de pérenniser les emplois.
Garantir un accès équitable et transparent aux ressources municipales.Mettre en place une plateforme publique recensant l’ensemble des lieux municipaux disponibles et les conditions d’accès. Permettre le prêt gratuit des équipements municipaux aux associations et collectifs (salles polyvalentes, gymnases, écoles, EHPAD, etc.). Rendre publiques et lisibles les décisions d’accorder ou non des prêts de salles aux associations, et publier un agenda des réservations.
3. La Métropole
REPRENDRE LE CONTRÔLE FACE À UNE MÉTROPOLE TECHNOCRATIQUE
La métropole a été conçue de manière si complexe qu’elle échappe au contrôle démocratique des citoyen·nes. En concentrant des compétences essentielles (transports, voirie, déchets, logement, plan local d’urbanisme) elle prive les élu·es municipaux de leviers nécessaires pour transformer leur ville et éloigne les habitant·es des décisions qui les concernent. Ce déficit démo-cratique est particulièrement visible en 2020 : malgré sa lourde défaite aux municipales, Martine Vassal conserve le contrôle sur des choix cruciaux pour les Marseillais·es en étant réélue présidente de la métropole.
Depuis la loi 3DS de 2022, le cadre légal actuel permet le retour de la compétence voirie à la ville (routes, trottoirs, pistes cyclables, etc.). Nous ne comprenons pas le refus de la municipalité sortante de reprendre cette compétence essentielle, et nous y mettrons fin. Pour les autres compétences, que la loi ne permet pas aujourd’hui de transférer, nous engagerons un rapport de force pour en exiger le retour à la Ville, avec les moyens correspondants, en particulier les déchets, les transports et l’urbanisme.
Nous voulons rompre avec le fonctionnement métropolitain actuel. Il est temps de mettre fin à une Métropole guichet clientéliste au service de maires de riches communes et à l’excuse trop souvent utilisée : « ce n’est pas de ma faute, c’est la métropole ! »
Aujourd’hui, les besoins essentiels de la population ne sont pas pris en charge, notamment celui de la planification territoriale afin de renforcer notre souveraineté sur le plan alimentaire, énergétique ou industriel. Avec les habitant·es des communes concernées, nous nous battrons pour une gestion publique de l’eau en régie, pour le développement des transports collectifs de type RER entre Marseille, Aubagne, Aix et l’étang de Berre, et pour l’impératif de la reconversion écologique des grands bassins industriels.
Renégocier les attributions de compensation versées à la ville par la Métropole. Elles sont aujourd’hui insuffisantes au regard du poids démographique et social de Marseille dans la Métropole, et des retards accumulés dans les services publics après 5 ans de mauvaise gestion et de clientélisme. Il en va de l’égalité des territoires et de la démocratie entre pouvoirs publics.
Exiger de la métropole de déléguer la compétence voirie à la Ville. La ville pourra ainsi s’occuper directement des routes, trottoirs et pistes cyclables, avec le matériel et le personnel transféré de la Métropole à la ville, sans coût supplémentaire pour la population. Dans le cadre législatif actuel, il s’agit de la seule compétence majeure que la Métropole d’Aix-Marseille peut déléguer, et non pas transférer, à la ville.
Se porter candidat·es à l’exécutif de la Métropole pour mettre en place concrètement notre programme marseillais. Dans le cadre législatif actuel, notre programme dépend en grande partie de l’échelon métropolitain. Nous assumerons nos responsabilités et nous siègerons avec un seul objectif : tout faire pour appliquer notre programme.
4. Le budget
EN FINIR AVEC LES POLITIQUES AUSTÉRITAIRES
Marseille est profondément abîmée par des décennies de sous-dotation et de mépris de l’État : plus d’un quart de la population vit sous le seuil de pauvreté, et dans certains quartiers, plus d’un·e habitant·e sur deux. La solidarité nationale n’a jamais été à la hauteur. La Cour des comptes l’a reconnu : les dotations n’ont pas compensé la faiblesse des ressources locales, laissant la deuxième ville de France affronter seule pauvreté, logement indigne, écoles vétustes et effondrement des services publics. Quant au plan « Marseille en grand », il n’a produit que des promesses partielles, pilotées depuis Paris, loin des besoins réels.
À son arrivée en 2020, la municipalité aurait pu rompre avec l’austérité héritée de la droite. Elle a fait l’inverse : en privilégiant la réduction de la dette et en refusant d’emprunter malgré des taux historiquement bas, la municipalité a renoncé à près de 250 millions d’euros d’investissements, soit l’équivalent d’une dizaine d’écoles rénovées. Elle a en plus augmenté fortement les impôts locaux, frappant des propriétaires modestes parmi les plus pauvres de France. Ironiquement, à l’approche des élections, elle se remet à emprunter alors que les taux sont désormais élevés. Une gestion intelligente de la dette aurait été d’investir quand l’argent était bon marché et d’alléger la pression sur les ménages précaires.
Le budget municipal n’est pas un simple exercice comptable : c’est le projet de société que nous voulons. Chaque euro doit renforcer un service public fort, accessible et de qualité pour tous·tes, surtout dans les quartiers populaires. Nous défendons un budget qui renforce les services essentiels, investit massivement dans les infrastructures qui les portent, et protège les plus fragiles.
La dotation globale de fonctionnement des communes versée par l’État est passée de 41,5 milliards d’euros en 2013 à 27,4 milliards en 2025. Cette politique socialiste, portée par François Hollande puis Emmanuel Macron, et aggravée par l’inflation, représente l’équivalent de quatre années de financements perdues pour les collectivités. Elle les prive de leur capacité d’investissement, alors même que les dotations des collectivités irriguent immédiatement l’économie réelle. Parallèlement, Macron a poursuivi des cadeaux fiscaux massifs aux plus riches et aux grandes entreprises. À Marseille, la Métropole entretient cette logique en confiant l’eau, les tunnels ou l’aménagement d’Euromed à des groupes comme Veolia, Vinci, Bouygues ou Eiffage. Ils prélèvent chaque année des dizaines de millions d’euros sur le dos des habitant·es, au profit des actionnaires, au lieu de réinvestir dans la ville.Dans le même temps, la majorité sortante a poursuivi la privatisation de la gestion des infrastructures publiques, amplifiant la logique des Partenariats Public-Privé initiés sous Gaudin, comme on le voit pour l’entretien des écoles ou les piscines Nord et Luminy. Nous y mettrons fin.
Redonner aux communes les moyens d’agir en menant la bataille nationale contre les politiques d’austérité et pour obtenir des dotations permettant aux collectivités locales de retrouver un rôle moteur dans l’investissement local.
En finir dès que possible avec toutes les délégations de service public concernant les services de l’eau, des transports, des parkings, tunnel Prado-Carénage, des déchets (au niveau métropolitain) et du stationnement de surface (au niveau municipal). Abandonner le projet de Société d’Économie Mixte à Opération Unique (SEMOP) pour les piscines Nord et Luminy et relancer leur construction sous maîtrise publique. Remunici-paliser la gestion des écoles (entretien, ménage, restauration, maintenance), tout en continuant à recourir au privé pour la construction et la rénovation.
Mettre fin aux dépenses immobilières inutiles en résiliant les baux de la Ville et de la Métropole à la tour La Marseillaise, qui leur coûtent respectivement près de 700 000 € et 7 M€ par an, alors que des locaux publics ou moins chers suffiraient. Réaliser une analyse fine du budget pour trouver des sources d’économies similaires.
Renforcer la souveraineté et l’efficacité de l’action publique en interdisant le recours aux cabinets de conseil lorsque les services municipaux peuvent assurer la mission, conformément aux recommandations de la Cour des comptes (juin 2025), et en soumettant toute externalisation à un vote préalable du conseil municipal.
Garantir l’usage effectif de l’argent public au service des besoins essentiels en limitant les excédents financiers non utilisés et en adoptant un budget pluriannuel contraignant, afin d’assurer la réalisation des investissements prioritaires (écoles, voirie, eau, logement) et d’accélérer les projets lorsque les ressources le permettent.
La municipalité a privilégié la réduction de la dette au détriment de l’investissement, tout en augmentant la taxe foncière de 14 % en début de mandat, un impôt injuste, plus élevé pour des biens à la Belle de Mai qu’au Prado. Nous proposons au contraire d’emprunter de manière responsable pour financer des projets utiles à tous·tes et de réformer la fiscalité locale afin de protéger les ménages modestes. Nous cesserons de soumettre le budget aux agences de notation, dont l’influence sur les taux d’intérêt n’est pas démontrée, et publierons nos propres indicateurs budgétaires pour rompre avec l’austérité dictée par les marchés financiers. Enfin, nous ouvrirons les débats budgétaires aux Marseillais·es pour sortir d’une gestion techno-cratique et redonner au budget toute sa portée politique.
Rendre la fiscalité locale plus juste et équitable. Exiger une réforme nationale des bases de la taxe foncière afin qu’elles soient enfin adaptées au niveau de vie réel des quartiers. Utiliser pleinement les exonérations prévues par la loi (rénovation énergétique, remise en location des logements vacants) pour encourager les bonnes pratiques tout en protégeant les ménages.
Mettre la finance municipale au service de l’intérêt général. Adopter une nouvelle stratégie d’investissement fondée sur un emprunt responsable orienté vers des projets utiles. Cette stratégie s’appuiera sur la publication d’un audit complet du patrimoine de la Ville, l’abandon du cabinet de conseil financier utilisé depuis 2008, et le remplacement de la notation financière classique par une évaluation extrafinancière intégrant les impacts sociaux et environnementaux.
Mobiliser l’épargne locale pour financer la transition. S’associer à un organisme de crédit responsable afin de créer un produit d’épargne citoyenne, qui permettra aux Marseillais·es d’orienter leur épargne vers des projets d’avenir (énergie solaire, réseaux de chaleur et de froid, etc.), tout en participant à la gouvernance des choix d’investissement.
Démocratiser pleinement le budget municipal en ouvrant les grandes orientations financières aux habitant·es. Organiser des débats budgétaires participatifs dans les comités de quartier, créer un « Open Budget Marseille » permettant de suivre en temps réel les dépenses et recettes, publier systématiquement des taux d’exécution budgétaire et des coûts réels des politiques publiques, et lancer un audit indépendant sur l’origine de la dette depuis la fin des années 1990.
La situation des personnels municipaux est aujourd’hui très préoccupante. Une large partie des agent·es arrive en fin de carrière : un quart partira à la retraite dès le prochain mandat et la moitié d’ici deux. Pourtant, malgré un effectif global supérieur à celui d’il y a six ans, la Ville compte près d’un millier de fonctionnaires en moins, car seul un départ sur trois est remplacé par un·e agent·e titulaire. Parallèlement, le nombre de contractuel·les a explosé, de 500 à plus de 2 500, installant une précarité massive sans réelle justification budgétaire, leur coût étant équivalent à celui d’un fonctionnaire. De plus, si la mairie ne peut agir sur les salaires, liés au point d’indice national, elle doit mobiliser tous les autres leviers pour redonner aux personnels la reconnaissance qu’ils méritent.
Garantir la stabilité de l’emploi public et reconnaître le rôle essentiel des agent·es. Lancer un plan de titularisation de celles et ceux qui occupent des emplois permanents, en priorité les agent·es de catégorie C. Ce plan sera accompagné d’un programme de formation pour favoriser l’amélioration des conditions de travail et la pratique des agent·es ainsi que l’évolution professionnelle choisie.
Mettre fin à la sous-administration des services publics municipaux.Lancer un plan pluriannuel de recrutement et de formation, avec l’augmentation des effectifs de 500 agent·es minimum, et jusqu’à 1 000 si la fin de l’austérité nationale le permet. Ce plan anticipera les départs à la retraite, organisera la transmission des savoirs et renforcera en priorité les services en tension (ATSEM, animation, écoles, crèches, bibliothèques, logement et services techniques). La Ville construira de véritables filières professionnelles municipales, notamment par des parcours en alternance menant aux diplômes nécessaires aux métiers de la Ville.
Redonner à la Ville une ingénierie publique forte en reconstituant des filières municipales dans les domaines clés (bâtiment, voirie, énergie, espaces verts). Cela permettra de réduire la dépendance aux cabinets privés coûteux et d’améliorer la maîtrise, les délais et la qualité des projets publics.
Faire de Marseille un employeur public attractif et exemplaire.Ouvrir des négociations avec les organisations syndicales pour améliorer les déroulés de carrière, les conditions de travail, et revaloriser les primes des agent·es (notamment en minimisant, voire supprimant, la part variable). Moderniser le Comité d’Action Sociale selon les recommandations du rapport de l’Inspection Générale des Services de janvier 2023. Mettre en place d’un congé menstruel pour les agent·es, ainsi qu’un congé paternité allongé plus favorable que la loi.
