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Sommaire Chapitre III
Chapitre III

Se préparer à l'urgence écologique

Marseille est en première ligne du changement climatique. Chaque année la ville subit canicules, incendies et inondations : en juillet 2025, un feu a ravagé 750 hectares et forcé 400 habitant·es à évacuer, et en septembre, des pluies intenses ont transformé les rues en torrents de boue. Ce bouleversement dépasse le climat : il est écologique et global.

SE PRÉPARER À L’URGENCE ÉCOLOGIQUE

La biodiversité s’effondre, les ressources et les sols s’épuisent, et, selon l’observatoire de la qualité de l’air Atmosud, la pollution tue encore 780 personnes par an dans la ville.

Ces impacts frappent les habitant·es de manière inégale. Les quartiers nord, bétonnés et exposés aux industries et aux bateaux de croisière, suffoquent sous la chaleur et la pollution. Les quartiers sud, plus verts et aisés, bénéficient de fraîcheur et d’un accès privilégié à la mer. Cette fracture Nord-Sud n’a rien de naturel : elle résulte d’une injustice environnementale, produit de décennies de choix politiques urbains qui ont sacrifié les quartiers populaires.

Face à cette situation, les mesures ponctuelles ne suffisent plus : il faut repenser nos modes de vie, nos emplois et l’économie qui les soutient. La satisfaction des besoins ne peut plus être livrée au marché ni aux logiques de profit ; elle doit devenir un choix politique assumé, guidé par la justice sociale et la défense du vivant. Cela implique de reconstruire une économie locale réellement productive : industrie, logistique portuaire, artisanat, BTP, commerces de proximité, etc. Respectueuse de l’environnement, cette économie locale permettra également de créer des emplois plus stables et accessibles, indispensables dans une ville où le chômage reste élevé (13,8 % selon l’INSEE en 2021) et le taux de pauvreté alarmant (25 % selon l’INSEE en 2022). Il faut aussi transformer nos manières de produire et de consommer : organiser l’économie autour de la sobriété, du recyclage, du réemploi et de la coopération. Cela permettra de préserver les ressources, et de gérer nos biens communs de façon réellement équitable.

Enfin, la ville doit repenser en profondeur son rapport à la nature. Il ne s’agit plus seulement de protéger quelques espaces verts, mais de faire revenir la vie dans tous les quartiers et d’intégrer le vivant dans chaque décision urbaine. Cela passe aussi par un accès réel à la nature : à Marseille, faute de transports ou de moyens, beaucoup ont un accès limité à la mer, aux collines et aux calanques, et restent plus exposés aux risques climatiques sans toujours les connaître. Ce manque de nature a des conséquences sur la santé : fatigue, stress, dépression, ou maladies respiratoires et cardiovasculaires.

La planification écologique est l’outil concret de cette rupture, et elle doit s’appuyer sur une intervention populaire à tous les niveaux. Les principaux leviers de la crise écologique sont à l’échelle mondiale, nationale, régionale ou métropolitaine. Cependant, la mairie peut agir dès maintenant : mobiliser tous ses moyens, et s’appuyer sur la participation populaire, essentielle pour définir les besoins et affronter les crises.

Légende : MA Mairie DPT Département MET Métropole NAT National CT Court terme MT Moyen terme LT Long terme

1. Planification populaire

PLANIFIER ET S’ADAPTER COLLECTIVEMENT POUR AFFRONTER LE CHANGEMENT CLIMATIQUE

La ville doit s’organiser face à l’urgence climatique, pour protéger les plus vulnérables d’entre nous et renforcer les solidarités déjà présentes dans nos quartiers. Pour cela, il faut relier l’action publique, aux savoir-faire locaux et aux besoins concrets des habitant·es. Même si les transformations à mener dépassent souvent l’échelle communale, la mairie reste un acteur décisif pour le foncier, la commande publique, les financements, et la mise en réseau des acteurs.

La ville devra aussi s’adapter aux réalités climatiques : réduire la chaleur, préparer les quartiers aux risques d’incendies, d’inondations, ou d’accidents industriels. Les capacités d’auto-organisation, la confiance et l’entraide entre habitant·es seront essentielles pour réagir rapidement et efficacement. Nous défendrons une écologie construite avec les citoyen·nes, garantissant une action publique cohérente, organisée et vraiment équitable.

Axe 1 : FAVORISER L’INTERVENTION POPULAIRE À TOUS LES NIVEAUX

Pour construire les politiques publiques avec les habitant·es, il faut leur donner les moyens de s’informer et d’agir, en leur offrant des espaces et des outils adaptés. L’éducation populaire doit être au cœur de cette démarche : elle permet à chacun·e de comprendre les enjeux, de proposer des solutions et de partager son expérience. Les pratiques du quotidien (récupération, recyclage, jardins partagés, seconde main) montrent déjà qu’une autre façon de vivre est possible. Présentes notamment dans les quartiers populaires, elles doivent être reconnues, soutenues et intégrées aux politiques municipales.

MACT
Mesure 192

Partir des besoins réels des habitant·es pour planifier la transition écologique. Construire un diagnostic partagé des urgences locales (chaleur excessive, rues inondées, écoles exposées à l’amiante, etc.) au sein des comités de quartier (voir chapitre 1, mesure 6).

MACT
Mesure 193

Faire de la planification écologique un chantier démocratique, en créant un comité populaire de planification écologique. Porté par les associations et les collectifs d’habitant·es, il sera chargé de co-construire les priorités de la ville et de suivre l’action publique pour une Marseille vivable et juste face au dérèglement climatique.

MACT
Mesure 194

Donner à tous·tes les moyens de comprendre et d’agir, en lançant un plan d’éducation populaire à l’écologie. Doté d’un budget dédié, il sera déployé dans les écoles, les centres sociaux et le tissu associatif. Un financement spécifique sera dédié à la mise en place d’une Bibliothèque de l’écologie et de la nature afin d’en faire un lieu public de transmission, de recherche et d’éducation à l’écologie.

MACT
Mesure 195

Ancrer l’écologie dans la vie quotidienne des quartiers et constituer, au sein des comités, un réseau de référent·es. Ils seront formés pour sensibiliser sur les grandes thématiques de l’action publique en lien avec l’écologie : risques climatiques, déchets, cadre de vie, etc.

Axe 2 : LUTTER CONTRE LES INJUSTICES ENVIRONNEMENTALES

Marseille est profondément marquée par des inégalités sociales et spatiales. Du nord au sud, en passant par l’est, la ville s’est développée par une succession de quartiers mal connectés entre eux, souvent abandonnés ou livrés aux promoteurs. La planification écologique est un outil puissant pour réparer ces fractures et répondre à l’urgence sociale en rééquilibrant la ville. Elle doit s’appuyer sur une meilleure coordination entre les services municipaux et un partage réel des informations avec les habitant·es, afin qu’ils puissent participer pleinement à cette démarche.

MACT
Mesure 196

Piloter démocratiquement la bifurcation de la ville en renforçant la délégation à la planification écologique. Elle coordonnera les services municipaux, en lien avec la direction générale des services, évaluera les politiques publiques et garantira la transparence et le contrôle citoyen.

MACT
Mesure 197

Faire de la commande publique un levier majeur de la bifurcation écologique en renforçant les clauses environnementales dans tous les marchés municipaux. Le faire en lien avec le comité populaire de la commande publique (voir mesure 9, chapitre 1), notamment par une prise en compte systématique du bilan carbone des entreprises sélectionnées et des impacts environnementaux potentiels.

MACT
Mesure 198

Réintroduire massivement la nature dans les quartiers populaires en mobilisant l’ensemble des financements disponibles (fonds vert, FEDER, etc.) pour lutter contre l’hyper-bétonisation et désenclaver ces quartiers coupés par des autoroutes urbaines ou des voies ferrées.

MACT
Mesure 199

Protéger la santé des habitant·es face aux pollutions en créant un Observatoire Santé-Environnement public et accessible. Il mettra en place de nouveaux outils pour surveiller la qualité de l’air et de l’eau, le bruit, les températures et la présence de polluants comme les PFAS, en commençant par les écoles et les crèches. Il pilotera un audit environnemental complet du bâti scolaire pour orienter l’action publique là où les risques sont les plus élevés.

Axe 3 : S’ADAPTER À LA HAUSSE DES TEMPÉRATURES

La hausse des températures rend les étés marseillais toujours plus éprouvants, en particulier dans les quartiers populaires. À Noailles, le sol atteint déjà 80 °C en été, et dans les quartiers nord, certains logements deviennent invivables, avec des températures intérieures dépassant régulièrement les 40 °C. Face à cette urgence climatique, nous voulons transformer la ville pour la rendre plus fraîche et plus respirable, en misant sur une végétalisation massive, une manière de bâtir inspirée du modèle provençal et la désimperméabilisation des sols, afin de faire de Marseille une véritable « ville éponge ».

MACT
Mesure 200

Protéger les plus vulnérables face aux vagues de chaleur en adoptant un plan canicule renforcé. Multiplier les lieux d’accueil frais, y compris par réquisition si nécessaire, à destination des personnes âgées, des enfants, des femmes enceintes, des personnes en situation de handicap et des personnes sans domicile.

MACT
Mesure 201

Garantir des espaces de fraîcheur accessibles à tous·tes en élargissant les horaires d’ouverture des parcs, plages et jardins durant les périodes de forte chaleur.

MACT
Mesure 202

Rafraîchir les rues les plus exposées grâce à un plan d’ombrage dans les espaces trop étroits pour planter des arbres. Installer des voiles, pergolas végétalisées ou structures d’ombre co-construites avec les habitant·es, en priorité autour des écoles et dans les quartiers denses.

MAMTCT
Mesure 203

Faire baisser durablement la température en ville en déployant une stratégie ambitieuse de végétalisation et de ventilation naturelle : diagnostics par arrondissement, objectifs chiffrés (arbres plantés, surfaces végétalisées), création de micro-forêts urbaines et suivi public des avancées, en ciblant d’abord les quartiers les plus bétonnés.

MAMT
Mesure 204

Construire et aménager une ville adaptée au climat méditerranéenen transformant les espaces publics et les nouvelles constructions selon les principes provençaux : ombre, fraîcheur, ventilation naturelle, arbres et points d’eau, en encadrant strictement les promoteurs via le PLUi et la charte de la construction durable.

Axe 4 : PRÉPARER LA VILLE ET SES HABITANT·ES AUX ÉPISODES EXTRÊMES

Incendies, inondations, vagues de chaleur ou accidents industriels : par sa géographie et son histoire, Marseille est exposée à des crises de plus en plus fréquentes et intenses. Face à ces risques, il ne s’agit plus seulement de réagir, mais de construire une véritable résilience collective. Cela suppose d’anticiper, de former les habitant·es à la gestion des risques et d’organiser des réseaux d’entraide. Une ville résiliente protège les plus fragiles, anticipe au lieu de subir, et permet à chacun·e de se mobiliser rapidement pour faire face aux crises.

MACT
Mesure 205

Anticiper les risques climatiques dans l’aménagement de la ville en mettant à jour les cartes des risques. Rendre leur prise en compte obligatoire lors d’appels d’offres dans toutes les décisions d’urbanisme. Protéger en priorité les quartiers les plus exposés à la chaleur, aux inondations et aux incendies.

MACT
Mesure 206

Garantir une réponse rapide en cas de crise en constituant des réserves municipales de biens essentiels (médicaments, aliments non périssables) mobilisables localement en situation d’urgence.

MACT
Mesure 207

Renforcer la résilience populaire face aux catastrophes en créant un réseau municipal d’entraide. Il formera massivement les habitant·es aux premiers secours, en lien avec les associations, pour assister les personnes fragiles, relayer les alertes et appliquer les consignes d’urgence.

MAMTCT
Mesure 208

Reconstruire autrement après les catastrophes en adoptant un plan de reconstruction post-crise. Il évitera de rebâtir dans les zones dangereuses : adaptation ou déplacement des bâtiments exposés, renforcement des normes, et renoncement à construire dans les secteurs à haut risque.

2. Ressources collectives

EAU, ÉNERGIE, ALIMENTATION : REPRENDRE LE CONTRÔLE DES COMMUNS ESSENTIELS

Après des années de privatisation, l’accès à l’eau, à l’électricité, au frais ou à la chaleur n’est plus garanti pour les habitant·es les plus vulnérables. Or, ces ressources ne sont pas des marchandises. Ce sont des communs : des biens essentiels que nous partageons et qui doivent être gérés collectivement, et non abandonnés aux logiques du profit. Reprendre la main sur ces services permettra de fixer des tarifs justes, investir là où c’est nécessaire, et faire respecter le droit de chacun·e à une vie digne. Une fois élu·es, nous engagerons un audit complet des services confiés au privé afin d’identifier ceux qui doivent être municipalisés, avec l’objectif de créer des régies ou des sociétés locales réellement au service des habitant·es.

Axe 1 : GARANTIR LE DROIT D’ACCÈS À L’EAU

L’eau n’est pas une marchandise. Pourtant, à Marseille en décembre 2025, pour enrichir les actionnaires de Veolia, elle coûte 4,31 € le m3, contre 3,55 € à Aix-en-Provence en régie publique. Nous voulons créer une régie publique de l’eau, avec de vrais moyens et une gestion partagée entre citoyen·nes et travailleur·euses. C’est la seule façon de rendre gratuits les premiers mètres cubes, d’instaurer une tarification réellement sociale et d’investir massivement pour réparer les fuites et protéger cette ressource.

METMT
Mesure 209

Gérer l’eau comme un bien commun grâce à une régie publique, locale, transparente et sans logique de profit. Elle sera dotée de son propre budget et d’un conseil d’administration qui associera citoyen·nes et travailleur·euses.

METMT
Mesure 210

Assurer un accès juste et universel à l’eau en instaurant une tarification sociale fondée sur les besoins. Garantir la gratuité des premiers mètres cubes indispensables à la vie, et un prix plus élevé pour les usages excessifs (piscines, grands jardins, arrosages intensifs, etc.). Ceux qui polluent ou consomment le plus paieront davantage.

METMT
Mesure 211

Rééquilibrer les usages de l’eau du massif de l’Étoile, actuellement captée par des infrastructures comme les data centers, pour la réorienter vers des besoins locaux : agriculture de proximité, arrosage des parcs publics ou nettoyage des routes. Développer les solutions de collecte et de stockage des eaux de pluie pour ces mêmes usages.

Axe 2 : DÉVELOPPER UNE ÉNERGIE PROPRE ET ACCESSIBLE

Comme l’eau, l’énergie est un bien commun. Pourtant, la précarité énergétique explose à Marseille et touche plus de 50 000 familles. Si la majorité de la production d’énergie repose sur l’entreprise publique EDF, elle s’insère dans le cadre du marché et suit la logique des multinationales privées. Dans une ville où les factures pèsent lourd sur des milliers de foyers, il est urgent de se redonner des marges de manœuvre pour proposer des tarifs abordables, garantir à tous·tes un accès digne à l’énergie et bâtir de nouveaux modèles de gestion collective. La ville doit aussi tout mettre en œuvre pour accélérer le déploiement des énergies renouvelables locales et sortir de la dépendance aux énergies fossiles.

METMT
Mesure 212

Sortir du chauffage fossile et garantir une énergie propre et abordable en créant un réseau public de chauffage et de refroidissement écologique à l’échelle de la ville. Alimenté par la chaleur solaire, la fraîcheur de la mer ou la récupération d’énergie (Data Centers, industries), il remplacera progressivement les chaudières au gaz, réduira la pollution et fera baisser les factures dans le parc public comme privé.

MAMT
Mesure 213

Démocratiser la production et le partage de l’énergie en soutenant des communautés locales d’énergie renouvelable. Elles réuniront producteur·rices et habitant·es d’un même territoire, et permettront de développer des solidarités énergétiques, notamment tarifaires, au plus près des besoins.

MAMT
Mesure 214

Lutter contre la précarité énergétique par la rénovation massive des logements en créant une coopérative municipale d’éco-rénovation. Dans le cadre du programme de renouvellement urbain populaire et écologique (voir chapitre 3, mesure 253), la priorité sera donnée aux immeubles dégradés et aux logements sociaux, avec un accès facilité aux matériaux écologiques et à la formation des professionnel·les pour des logements mieux isolés, plus sains et moins coûteux à chauffer.

MAMT
Mesure 215

Produire de l’énergie renouvelable et réparer la ville, en déployant des canopées solaires au-dessus des autoroutes urbaines et des canaux. Ces infrastructures permettront l’autoconsommation collective pour les ménages voisins, créeront des liaisons piétonnes entre les quartiers enclavés, réduiront le bruit et la pollution, et favoriseront la récupération de l’eau de pluie pour les espaces verts.

Axe 3 : ASSURER LE DROIT À UNE ALIMENTATION DE QUALITÉ

L’alimentation est avant tout un enjeu de santé publique. À Marseille, où près d’un quart de la population vit sous le seuil de pauvreté, de nombreux habitant·es et étudiant·es peinent à accéder à une alimentation suffisante et de qualité. La situation est particulièrement critique dans les cantines scolaires : pour beaucoup d’enfants, le repas du midi est le seul repas équilibré de la journée, alors même que sa qualité reste très inégale selon les établissements (voir chapitre 2, section école). Garantir une nourriture saine et abordable est donc essentiel pour la santé et le bien-être. C’est aussi un enjeu écologique et stratégique : autrefois autosuffisante, Marseille ne couvre aujourd’hui que deux jours de besoins alimentaires et dépend d’un système métropolitain déséquilibré, qui exporte 90 % de ce qu’il produit et importe 90 % de ce qu’il consomme.

MACT
Mesure 216

Garantir un droit effectif à l’alimentation pour tous·tes en soutenant les expérimentations de Sécurité sociale de l’alimentation (SSA) portées par la Collective marseillaise pour l’alimentation et les communs (COMAC). En respectant leur autonomie, la Ville facilitera l’accès aux financements, mettra des locaux à disposition et appuiera la mobilisation des habitant·es autour de ces caisses solidaires où chacun·e contribue selon ses moyens et reçoit selon ses besoins.

MAMT
Mesure 217

Rendre l’alimentation locale plus accessible dans les quartiers en renforçant les circuits courts entre épiceries de proximité et produc-teur·rices locaux. La Ville soutiendra la création de coopératives d’achats permettant aux épicier·es de mutualiser commandes, logistique et coûts.

MAMTCT
Mesure 218

Démocratiser la politique alimentaire en créant un comité populaire pour l’alimentation (voir chapitre 1, mesure 8). Il réunira producteur·rices, commerçant·es, restaurateur·rices, grandes surfaces, associations, chercheur·euses et institutions. Ce comité participera au pilotage du PAT, du Projet Agri-Alimentaire Marseillais (PAAM), à la lutte contre le gaspillage et à l’accès de tous·tes à une alimentation de qualité.

MALT
Mesure 219

Garantir des repas sains et de qualité dans les cantines scolaires en s’appuyant sur des cuisines de secteur. Cela permettra de préparer des menus frais et variés, à partir de produits locaux, plutôt que des plats industriels transformés (voir chapitre 2, section école).

MACT
Mesure 220

Développer une agriculture urbaine durable et accessible en sécurisant des terrains publics (friches, toitures, espaces périphériques) via des baux de longue durée (supérieure à 10 ans). L’agriculture urbaine sera intégrée au PLUi et aux projets d’aménagement, avec un guichet municipal unique pour accompagner les porteur·euses de projets.

MACT
Mesure 221

Protéger la santé par l’alimentation en excluant les additifs chimiques problématiques des marchés publics. Déployer des programmes d’ordonnance verte, avec la distribution de paniers bio hebdomadaires pour les femmes enceintes et les familles les plus vulnérables.

Axe 4 : METTRE LE NUMÉRIQUE AU SERVICE DE L’INTÉRÊT GÉNÉRAL

Le numérique à Marseille s’est développé sans cohérence ni contrôle public, au détriment de l’intérêt général. Les Data Centers se multiplient malgré leur forte consommation d’énergie et d’eau, et la ville dépend d’infrastructures privées pour ses données sensibles. La dématérialisation accélérée aggrave la fracture numérique, privant de nombreux habitant·es d’un accès réel aux services publics. Les outils numériques municipaux sont coûteux, vieillissants et dépendants de solutions propriétaires, sans réelle évaluation de leurs impacts sociaux ou environnementaux. Il est urgent de reprendre la main pour mettre le numérique au service de la population et d’un service public démocratique et transparent (voir chapitre 1).

MACT
Mesure 222

Limiter l’empreinte écologique du numérique à Marseille en instaurant un moratoire sur les nouveaux Data Centers. Imposer des critères stricts aux projets futurs : récupération de chaleur, alimentation 100 % renouvelable, sobriété foncière et souveraineté des données. Un audit complet de la consommation d’eau et d’énergie des Data Centers existants, notamment sur le port, permettra d’imposer des solutions plus durables, et de rappeler que ces infrastructures doivent rester secondaires pour Marseille.

MACT
Mesure 223

Sécuriser les services essentiels “hors réseau” et réaliser un audit sur les usages du numérique dans les services municipaux en vue de réduire la dépendance aux multinationales du numérique. L’objectif est de mettre en place des systèmes sobres, efficaces et maîtrisés sans engendrer de dysfonctionnements.

MACT
Mesure 224

Garantir la souveraineté numérique de la Ville en favorisant le logiciel libre et en luttant contre l’obsolescence programmée. La municipalité fera progressivement migrer ses outils informatiques vers des systèmes libres, plus durables et moins coûteux, et exigera des logiciels transparents et à code ouvert pour toute nouvelle création ou fourniture.

MACT
Mesure 225

Réduire la fracture numérique et maîtriser l’impact environnemental des outils déployés. Soutenir des projets garantissant l’accès de tous·tes aux démarches en ligne et évaluer systématiquement leur empreinte écologique.

MACTLT
Mesure 226

Encadrer l’usage de l’intelligence artificielle (IA) pour renforcer le service public, sans détruire l’emploi : déployer l’IA de manière ciblée et maîtrisée au sein de la municipalité, en protégeant les agent·es et en mettant l’innovation au service de l’intérêt général et de la réduction de la charge de travail liée au numérique.

MAMT
Mesure 227

Assurer l’indépendance et la sécurité des données publiques en créant un Data Center municipal écologique et souverain, dédié à l’hébergement des données stratégiques de la Ville et de ses établissements. Réduire ainsi la dépendance aux clouds privés et maîtriser les infrastructures numériques.

3. Protection de la nature

RÉINTRODUIRE LE VIVANT AU CŒUR DE LA VILLE

À Marseille, la nature est à la fois omniprésente et trop souvent inaccessible : si 40 % du territoire est constitué d’espaces naturels en périphérie, le centre-ville manque cruellement de parcs, d’arbres et d’accès au littoral. En 75 ans, l’étalement urbain a fait disparaître près de la moitié des arbres, et la ville ne dispose plus que de 4,6 m² d’espaces verts publics par habitant·e, bien loin des recommandations de l’OMS. Or la nature est essentielle pour rafraîchir la ville, améliorer la qualité de l’air et préserver la santé. L’enjeu n’est donc plus seulement de planter, mais de repenser l’urbanisme comme un écosystème vivant : micro-forêts, toitures et façades végétalisées, refuges climatiques, parcs ombragés. Dans une ville dense et exposée aux chocs climatiques, la nature doit devenir un pilier de santé publique, d’égalité et de transformation écologique.

Axe 1 : STOPPER L’ÉTALEMENT URBAIN ET RAMENER LA NATURE AU CŒUR DE LA VILLE

Intégrer la nature en ville ne se résume pas à une vue sur mer ou à quelques arbres plantés pour le décor. Il s’agit de repenser en profondeur les relations entre la ville et son environnement : sols, eau, biodiversité, équilibres écologiques et lien social. Cela implique d’imaginer une ville qui fait réellement place au vivant, qui freine son étalement urbain, stoppe l’imperméabilisation des sols et réintroduit des espaces naturels au cœur des quartiers pour mieux vivre et respirer.

METCT
Mesure 228

Empêcher la disparition des sols naturels au profit de la spéculation foncière. Protéger les sols naturels, les jardins et les friches via le PLUi, en interdisant toute nouvelle construction Des projets participatifs seront lancés pour les transformer en espaces verts ouverts, favorables à la biodiversité et à la vie de quartier.

METCT
Mesure 229

Construire là où c’est utile pour limiter l’étalement urbain et la dépendance à la voiture. Adapter les règles d’urbanisme afin de prioriser la construction de logements à proximité des écoles, transports, commerces et services de santé, en optimisant les infrastructures existantes et en évitant la bétonisation de nouveaux terrains.

METMT
Mesure 230

Rafraîchir massivement la ville face au réchauffement climatique,en transformant places, toits accessibles, impasses et rues secondaires en îlots de fraîcheur (micro-forêts, plantations adaptées, fontaines, points d’eau). Des sites déjà étudiés (parvis ouest du Vieux-Port, haut de la Canebière, Corniche, toits du Centre Bourse) seront repensés, avec des objectifs chiffrés et une priorité donnée aux quartiers les plus minéralisés.

METMT
Mesure 231

Recréer des continuités écologiques et remettre la nature au cœur de la ville, en développant un réseau naturel urbain. Requalifier les espaces verts existants, en créant de grands parcs sur les friches à caractère naturel, et valoriser la trame de l’eau : canal de Marseille, vallons secs, Huveaune, Jarret, Aygalades et Plombières.

Axe 2 : RENDRE LE LITTORAL PLUS ACCESSIBLE, VIVANT ET MIEUX PROTÉGÉ FACE AUX RISQUES

La mer est au cœur de l’identité marseillaise, pourtant la ville en est trop souvent coupée. L’érosion, la pollution, le tourisme de masse et la privatisation du littoral abîment les écosystèmes et limitent l’accès des habitant·es, particulièrement dans la zone portuaire (voir chapitre 3, section «le port»). Nous voulons rétablir un lien juste et ouvert avec la mer : protéger nos rivages, créer de nouveaux accès populaires et valoriser la biodiversité marine.

MACT
Mesure 232

Mieux gérer le littoral en partant des usages et des besoins des habitant·es. Mener une enquête régulière et approfondie sur les usages récréatifs, culturels, sportifs (sports nautiques, pêche, baignade), scientifiques et économiques (commerce, plaisance) du littoral afin d’intégrer pleinement les attentes des habitant·es dans les décisions de gestion.

MAMT
Mesure 233

Garantir un accès populaire et universel à la baignade et au littoralen améliorant les parcs balnéaires existants. Créer des aménagements adaptés aux personnes à mobilité réduite et ouvrir de nouvelles plages à l’anse du Pharo ou à la digue du Large, ou un parc balnéaire aux Corbières.

MAMTMETCT
Mesure 234

Reconnecter les quartiers à la mer par des mobilités douces et sécurisées. Un réseau continu de pistes cyclables et de cheminements piétons végétalisés pourra relier les quartiers au littoral, notamment vers la Corniche et les plages de Corbières. Il sera intégré à un plan global de mobilité durable pour permettre à tous·tes de profiter du littoral.

MACT
Mesure 235

Former et sensibiliser largement aux enjeux marins et climatiques, par la mise en place d’un programme d’éducation populaire à la biodiversité marine, à l’érosion et au changement climatique. Il incluera des activités extrascolaires en lien avec la nature (natation, classes bleues, sorties au Frioul, kayak) et des campagnes de sensibilisation.

METLT
Mesure 236

Mettre fin aux rejets d’eaux usées dans la mer lors des épisodes pluvieux et dans la réparation navale. Planifier et réaliser les travaux nécessaires pour empêcher les débordements d’eaux usées vers la mer, avec un financement partagé entre collectivités et un soutien de l’État.

METLT
Mesure 237

Protéger le littoral face à l’érosion et à la montée des eaux, en créant une grande zone humide à l’embouchure de l’Huveaune. Cela permettra de restaurer un écosystème naturel, protéger le littoral, renforcer la biodiversité et offrir de nouveaux espaces de nature en bord de mer, en repensant les infrastructures existantes comme l’hippodrome.

Axe 3 : CONSTRUIRE UNE POLITIQUE MUNICIPALE AMBITIEUSE POUR LE BIEN-ÊTRE ANIMAL ET LA BIODIVERSITÉ

À Marseille, la condition animale est un enjeu éthique, social et environnemental majeur. Les abandons, la prolifération de chats errants et les maltraitances saturent refuges et associations, avec des conséquences directes sur la santé et la sécurité des habitant·es. La ville reste peu accueillante pour les animaux, notamment avec l’interdiction des chiens dans les transports et sur les plages. Les relations tendues entre la Ville et la Société Protectrice des Animaux (SPA) persistent, et la municipalité a même supprimé l’aide aux hôtels pour les animaux des familles délogées. Quant aux mesures adoptées, comme l’interdiction des cirques ou des balades à poney, elles restent surtout symboliques, et n’illustrent pas une véritable politique ambitieuse en faveur du bien-être animal.

MACT
Mesure 238

Donner à la protection du vivant une place centrale dans l’action municipale, en créant un poste d’adjoint au respect du vivant. Il sera doté d’un budget dédié à la condition animale et à la biodiversité, sera chargé de coordonner les politiques locales impactant la faune et la flore, et de sensibiliser les habitant·es à la protection animale.

MAMT
Mesure 239

Garantir l’accès aux soins et à la protection pour les animaux en ville, en soutenant la création et le maintien de centres vétérinaires abordables et de refuges pour animaux domestiques et sauvages. Cela permettra d’aider les familles à soigner leurs animaux, prévenir les abandons et renforcer le bien-être animal.

MACT
Mesure 240

Réguler les populations animales de manière éthique et efficace, en agissant contre la prolifération des rats et des pigeons. Le faire avec des méthodes efficaces et non cruelles, et soutenir - en lien avec les associations - la stérilisation, l’identification et la remise en liberté des chats errants, ou leur accueil en refuge lorsque nécessaire.

MACT
Mesure 241

Garantir la transparence et le contrôle public des fourrières, en publiant chaque année un bilan détaillé précisant le nombre d’animaux capturés, identifiés, stérilisés, euthanasiés, relâchés ou rendus à leur propriétaire.

MACTMETMT
Mesure 242

Protéger durablement la biodiversité et la faune sauvage en ville, en créant et préservant des espaces refuges pour la faune sauvage. Protéger les friches naturelles et aménager des zones accueillantes dans les quartiers denses, afin d’offrir des habitats indispensables, notamment aux pollinisateurs.

4. Économie et emploi

VERS UNE ÉCONOMIE LOCALE ET DURABLE

Nous devons repenser notre économie en profondeur. Elle ne peut plus être livrée aux seules lois du marché, qui ignorent les limites de la nature et ne réduisent ni les émissions de carbone ni les injustices sociales. Cette exigence est d’autant plus forte que la ville cumule les vulnérabilités : forte exposition au changement climatique, quartiers enclavés éloignés de l’emploi et de la formation, 60 000 chômeur·euses dont une forte proportion nonqualifiée, et un quart de la population vivant sous le seuil de pauvreté. Ces fragilités pèsent sur le pouvoir d’achat et freinent l’économie locale. Nous défendons une conviction claire : l’économie doit redevenir un choix politique, guidé par l’intérêt général et la préservation du vivant. Nous voulons une économie locale et productive, créatrice d’emplois, fondée sur l’accueil d’entreprises adaptées au territoire, plutôt que sur une attractivité métropolitaine qui ne profite pas à l’emploi des Marseillais·es. Basée sur la coopération, le recyclage et le low-tech, cette économie permettra de moderniser l’appareil productif et de créer des emplois durables, notamment pour la jeunesse.

Marseille doit devenir le fer de lance de cette nouvelle économie. À l’échelle métropolitaine, en accueillant l’innovation dans des secteurs clés (santé, numérique, économie de la mer, etc.) ; et à l’échelle méditerranéenne, en affirmant son rôle de pôle de coopération et de dialogue entre les deux rives (voir chapitre 3, section « le port » et chapitre 4, section « relations internationales »).

Axe 1 : RENFORCER L’ÉCONOMIE PRODUCTIVE POUR DES EMPLOIS LOCAUX ET ACCESSIBLES À TOUS·TES

Marseille manque aujourd’hui d’une véritable stratégie économique : friches abandonnées, acteurs de l’emploi dispersés, entreprises peu accompagnées dans la transition écologique. Pourtant, la ville s’est historiquement construite sur une économie productive forte, fondée sur des activités concrètes et non délocalisables, ouvertes à des parcours et des niveaux de qualification variés. En s’en éloignant, Marseille s’est privée d’un levier majeur de création d’emplois locaux et durables. Il est temps de renouer avec cette vocation en dotant la ville d’un pilotage économique clair et d’une politique foncière ambitieuse.

MAMT
Mesure 243

Renforcer le lien de la municipalité avec les entreprises et les services de l’État en nommant un·e adjoint·e chargé de la ville productive. Il ou elle accompagnera également les artisan·es et industries locales dans une démarche de conversion écologique en lançant un groupe de travail des financeurs potentiels (Mairie, Métropole, Département, Région, État, Union Européenne, acteurs privés).

MAMETCT
Mesure 244

Rassembler les acteurs de l’économie locale en transformant la Conférence territoriale de l’emploi en comité populaire de l’emploi (voir chapitre 1, mesure 8). Il réunira la Ville, la Métropole, France Travail, la Mission locale, la Direction régionale de l’économie, de l’emploi, du travail et des solidarités (DREETS), ainsi que les acteurs économiques, associatifs et les représentant·es des salarié·es, afin de co-construire les politiques locales, coordonner les actions et assurer le suivi des projets.

MACT
Mesure 245

Relancer l’activité productive en réhabilitant les friches industrielles et zones d’activités, municipales ou privées. La Ville identifiera les sites mobilisables, élaborera un plan de remise en valeur adapté aux besoins économiques, puis proposera ces espaces à la vente ou à la location. Ce plan sera partagé avec les collectivités et l’Établissement public foncier (EPF). À défaut de coopération, la Ville portera directement au moins deux projets. Pour les terrains privés, elle accompagnera les propriétaires et pourra garantir les loyers des entreprises accueillies.

METCT
Mesure 246

Garantir le maintien et le développement des activités productives en étendant, dans le PLUi, les zones dédiées à l’artisanat et à l’industrie. Y inscrire clairement la volonté de la Ville de maintenir la vocation productive des zones industrielles ciblées, afin d’empêcher tout changement de destination et de lutter contre la spéculation foncière.

Axe 2 : RÉDUIRE LES INÉGALITÉS PAR L’EMPLOI ET LA QUALIFICATION

À Marseille, l’accès à l’emploi reste profondément inégal : selon son quartier, sa mobilité ou son niveau de qualification, tout le monde n’a pas les mêmes chances. Avec l’un des taux de non-diplômés les plus élevés de France (22,6 %), la fracture éducative et sociale reste immense. Et les politiques de l’emploi, éclatées entre de multiples acteurs, peinent à répondre aux besoins du terrain. La Ville doit reprendre la main pour créer des emplois durables, des formations qualifiantes et de vraies opportunités pour tous·tes, en particulier pour les jeunes et les habitant·es des quartiers populaires.

MAMT
Mesure 247

Favoriser l’accès à l’emploi durable pour les personnes peu diplômées grâce à un plan local d’accompagnement et de qualification. Mené avec la Maison de l’emploi, la Cité des métiers et les centres de formation, il ciblera en priorité cinq filières : services à la personne, restauration, commerce, logistique-entretien, et le BTP. Développer des formations, en alternance ou en reconversion, notamment vers les métiers de la transition écologique et numérique.

MAMT
Mesure 248

Créer des emplois locaux et améliorer le cadre de vie en développant des régies de quartier, en priorité dans les quartiers nord. Elles prioriseront des activités d’insertion comme la propreté, la médiation, la végétalisation ou la rénovation, tout en renforçant l’implication des habitant·es et la cohésion sociale.

MACT
Mesure 249

Sécuriser l’emploi local en soutenant les groupements d’employeurs et les entreprises d’insertion. La Ville encouragera les entreprises, notamment les petites et moyennes, à mutualiser leurs besoins et leurs moyens, et proposer des emplois partagés. En lien avec le comité populaire de la commande publique (voir chapitre 1, mesure 9), la Ville inclura des clauses sociales et d’insertion ambitieuses dans ses appels d’offres.

MAMT
Mesure 250

Identifier et choisir des territoires de Marseille pour s’engager dans la démarche « Territoire Zéro Chômeur » et créer des entreprises à but d’emplois, tout en veillant à ce qu’elles n’empiètent pas sur les besoins déjà couverts par des emplois de la fonction publique.

MAMTCT
Mesure 251

Demander à la Région de revoir le plan de formation, pour développer notamment les formations des métiers de la bifurcation écologique et s’adresser en priorité aux jeunes en rupture de parcours scolaire ou professionnel.

Axe 3 : ACCÉLÉRER LA BIFURCATION ÉCOLOGIQUE

Réussir la bifurcation écologique à Marseille suppose de mobiliser toutes les forces du territoire : entreprises, associations, institutions et habitant·es. Beaucoup d’acteurs de l’économie sociale et solidaire (ESS) développent déjà des modèles plus sobres, circulaires et ancrés localement. Ces initiatives créent des emplois durables et renforcent les liens locaux, mais font encore face à de nombreux obstacles. La municipalité doit amplifier cette dynamique pour répondre aux défis climatiques et créer des opportunités concrètes d’emplois.

MACT
Mesure 252

Fédérer les acteurs de la bifurcation écologique, en organisant à Marseille un grand forum, à vocation internationale, pour valoriser les savoir-faire locaux, présenter les innovations du territoire et créer des synergies avec les habitant·es et de nouveaux partenaires.

MAMTCT
Mesure 253

Faciliter la reconversion vers des métiers écologiques en expérimentant à grande échelle un revenu de transition écologique dans l’éco-rénovation, l’agriculture et la logistique urbaine. Ce dispositif garantira un revenu aux actif·ves le temps de se former, de se reconvertir ou de transformer leurs pratiques professionnelles, afin de permettre une transition écologique juste, sans perte de revenus ni précarisation.

MACT
Mesure 254

Réimplanter l’activité économique au cœur des quartiers, en intégrant des espaces de travail partagés pour les acteurs de l’ESS. Éviter de cantonner l’emploi dans des zones socialement cloisonnées comme Euromed, et utiliser ces lieux pour mutualiser locaux et espaces de stockage, tout en restant ouverts aux habitant·es.

MAMT
Mesure 255

Pour favoriser l’emploi local et la transition écologique, mettre en place un plan de renouvellement urbain populaire. Il répondra aux urgences (logements indignes, friches à reconvertir, espaces publics à végétaliser) et reposera sur un changement de modèle : soutien aux TPE/PME locales d’éco-rénovation (voir chapitre 3, mesure 212), usage de matériaux durables, formation des artisan·es et participation des habitant·es à chaque étape. Il s’appuiera sur trois outils : une coopérative municipale d’accès à la commande publique, un fonds public et citoyen pour la réhabilitation, et un plan de conseil-formation co-construit avec le comité populaire de l’habitat.

MAMT
Mesure 256

Encourager le développement de coopératives de production, d’énergie et de services, pour renforcer une économie locale, non capitaliste et durable. Des exemples réussis tels que SCOPTI ou Duralex ont permis de créer des emplois stables et ancrés dans le territoire.

MACTMT
Mesure 257

Soutenir l’emploi de proximité dans les quartiers populaires en créant un fonds municipal d’innovation dédié aux projets portés par les habitant·es. Ce fonds apportera un appui financier, de l’ingénierie et un accès au foncier, avec une sélection des projets assurée par le comité populaire de l’emploi.

MACTMT
Mesure 258

Offrir des débouchés professionnels dans les métiers de la transition écologique aux jeunes éloignés de l’emploi, en soutenant l’ouverture de nouvelles Écoles de la Transition Écologique (ETRE). Après l’école dédiée aux métiers du vivant, la Ville accompagnera la création de formations autour de la cyclo-logistique et des énergies marines.

Axe 4 : RENFORCER LE SOUTIEN AUX COMMERCES ET ARTISAN.ES MARSEILLAIS

À Marseille, les marchés et les commerces de proximité sont le cœur de l’économie populaire : ils font vivre des milliers d’indépendant·es, animent les quartiers et incarnent une économie faite de savoir-faire, d’échanges et de solidarité. Pourtant, la municipalité a abandonné ce terrain : gestion chaotique, manque de propreté, opacité des attributions, vacance commerciale croissante et délaissement de lieux emblématiques comme le Marché aux Puces ou Gèze. Il est urgent de doter la politique commerciale d’une vision claire et transparente, pour protéger les marchés, revitaliser les rues commerçantes et redonner à la Ville un rôle moteur.

MACT
Mesure 259

Garantir des commerces de proximité accessibles et utiles aux habitant·es en renforçant la foncière commerciale municipale et en l’ouvrant à l’activité artisanale. La Ville pourra acquérir des murs, rénover des locaux et les relouer à des loyers abordables, en priorité dans les rues en déclin et les quartiers sous-dotés, pour soutenir l’artisanat local et recréer des centralités vivantes.

MACT
Mesure 260

Protéger et faire vivre les marchés marseillais comme piliers du lien social et de l’économie locale. Renouveler automatiquement les arrêtés arrivant à échéance, harmoniser les règles d’attribution et assurer une présence politique régulière grâce à des élu·es référents et un dialogue constant avec les commerçant·es.

MAMT
Mesure 261

Garantir un accès équitable et transparent aux places de marché en professionnalisant la gestion municipale : formation de placiers qualifiés, application stricte des règles, réduction des délais d’attente et commissions d’attribution plus fréquentes et pleinement transparentes.

MAMTMETCT
Mesure 262

Améliorer durablement la propreté et l’attractivité des marchés et des rues commerçantes grâce à des équipes dédiées au nettoyage et au lavage, à une meilleure gestion des déchets, ainsi qu’à des abords sécurisés, éclairés et équipés d’un mobilier adapté pour garantir de bonnes conditions aux commerçant·es et aux habitant·es.

MACT
Mesure 263

Reconnaître et accompagner l’économie populaire et informelle en créant un poste d’adjoint dédié. Ouvrir des espaces de vente régulés pour les récupérateur·rices, vendeur·euses et micro-entrepreneur·euses précaires. En valorisant ces activités plutôt qu’en les criminalisant, la Ville leur donnera une place et un statut dans l’économie marseillaise.

MACT
Mesure 264

Garantir l’avenir du Marché aux Puces et du secteur de Gèze, en menant le bras de fer avec Euromed si nécessaire, et en imposant une transparence totale sur les projets urbains. La Ville s’engagera à maintenir ce grand pôle de commerce populaire à Marseille.

MACT
Mesure 265

Protéger les commerces de proximité et freiner la transformation des centres-villes en zones touristiques, en imposer une autorisation préalable à toute transformation de local commercial en meublé touristique, conformément à la loi du 1er juillet 2021.

5. Le port

UN PORT AU SERVICE DE LA TRANSITION ÉCOLOGIQUE ET PRODUCTIVE DE MARSEILLE

Marseille est une ville née de la mer. Fondée il y a plus de 2 600 ans, elle s’est construite autour de son littoral et de son port, le plus vieux d’Europe. La mer n’est pas seulement un décor : elle constitue une part essentielle de l’identité de la ville. Sur le plan politique, elle symbolise la puissance populaire et rappelle que Marseille n’est pas au bout de la France, mais un véritable carrefour de la Méditerranée et du reste du monde. Elle est un moteur économique : elle dynamise le tourisme, soutient l’innovation durable et favorise l’industrie, notamment avec le Grand Port Maritime de Marseille (GPMM). La mer est aussi au cœur des traditions culturelles, et les métiers maritimes (marins, dockers, réparation navale, portuaires, artisan·es etc.) sont autant de symboles de l’histoire ouvrière de la ville et de son avenir.

Aujourd’hui, la moitié du littoral marseillais est occupée par un port qui emploie de moins en moins, tandis que les habitant·es n’ont quasiment aucune prise sur les décisions qui y sont liées. Pour que le port reste une force durable, nous devons repenser l’économie maritime avec méthode et ambition, et refonder notre rapport à la nature.

Nous nous engageons clairement pour que les évolutions que nous proposons fassent l’objet d’une véritable concertation entre tous les acteurs : travailleur·ses, collectivités, habitant·es, entreprises et associations. Nous bâtirons ensemble un port vivant, conciliant activité économique, protection de l’environnement et justice sociale.

Axe 1 : CHANGER LA GOUVERNANCE DU PORT POUR LE TRANSFORMER AU SERVICE DE LA VILLE

Le GPMM exerce un pouvoir quasi total sur le port et ses territoires à Marseille. Il contrôle les activités industrielles et logistiques, fixe les taxes et les loyers, et influence des projets urbains majeurs comme Euromed. Cette mainmise prive les habitant·es d’un accès à la mer, et la ville de retombées économiques essentielles.Changer la gouvernance du port est donc impératif. À son Conseil de surveillance, l’État occupe 10 sièges sur 18, contre un seul pour la ville ! Si nous soutenons un pilotage national des grands ports, nécessaire à la bifurcation écologique, le cas du GPMM est particulier. Il regroupe deux zones différentes : Fos-sur-Mer, qui est d’intérêt national, et les bassins Est, qui sont ancrés dans la vie marseillaise, au sein desquels il est donc nécessaire de renforcer le pouvoir de la Ville. Marseille, seconde ville de France, mettra tout son poids politique pour obtenir cette évolution.

NATCT
Mesure 266

Redonner à la Ville un rôle central dans la gouvernance du port de Marseille, en réorganisant son fonctionnement administratif. En attendant, engager un rapport de force démocratique avec l’Etat (notamment par des référendums locaux) pour renforcer la bifurcation écologique du port.

NATCTMA
Mesure 267

Redonner à la Ville la maîtrise économique et fiscale des Terrasses du Port et du Silo, en sortant ces sites de l’espace portuaire, afin de les intégrer pleinement à la planification urbaine et économique municipale.

MACT
Mesure 268

Empêcher la privatisation du littoral et des équipements portuairesen abandonnant les projets du J4 en quai de croisière de luxe, et du J1 en hôtels-bureaux, au profit d’un projet de réhabilitation populaire mêlant logements, équipements publics, salles associatives et campus de la mer.

MACTMT
Mesure 269

Rendre la mer accessible à tous·tes en autorisant la baignade libre dans des zones portuaires assainies, sécurisées et aménagées autour du port. L’accès doit être rendu gratuit et permanent dans le bassin du Mucem et la digue du large, fermée depuis 2001.

MAMT
Mesure 270

Garantir un accès gratuit et public au littoral en mettant fin au contrat de location entre la Ville et le Port pour la plage de Corbières, puis la sortir de l’espace portuaire.

MAMT
Mesure 271

Transformer le port en lieu de vie et d’emplois locaux en requalifiant le quai de la Lave en tiers-lieu maritime, un espace public vivant, fondé sur un projet citoyen existant, au service des habitant·es et des travailleur·euses portuaires.

Axe 2 : FAIRE DU PORT LOCAL LE CARBURANT DE L’ÉCONOMIE PRODUCTIVE

Le port de Marseille intra-muros (bassins Est) dispose d’un potentiel économique important encore peu exploité. Il doit poursuivre son développement en se concentrant sur des activités complémentaires aux bassins Ouest, comme le transport des passager·es, le fret méditerranéen, les services de réparation et d’entretien des bateaux, ou le développement de technologies portuaires et d’énergies marines renouvelables. Les bassins Est peuvent également devenir un point central pour la logistique urbaine, et servir de plateforme pour organiser et gérer les livraisons en ville.

MACT
Mesure 272

Former et créer des emplois maritimes durables en ouvrant une École des métiers de la mer, idéalement sur ou à proximité du port, pour accompagner la transition écologique et productive du secteur.

MACTMT
Mesure 273

Préserver et développer l’emploi portuaire en soutenant les activités de réparation navale et de transport international de passager·es, et soutenir leur transition écologique.

MAMT
Mesure 274

Relancer une production portuaire utile et locale en réhabilitant les friches du port pour y accueillir des activités productives liées au maritime.

MAMT
Mesure 275

Soutenir une pêche locale, durable et rémunératrice en renforçant la filière du port de Saumaty, en lien avec le Marché d’Intérêt National des Arnavaux (MIN), et en garantissant l’achat de poissons locaux par la restauration collective publique.

MAMT
Mesure 276

Faire du port de Marseille un moteur de la décarbonation du transport maritime en développant le transport de marchandises à la voile, une solution particulièrement adaptée aux liaisons courtes en Méditerranée.

MAMT
Mesure 277

En lien avec le transport maritime, organiser des investissements massifs pour le transfert vers le ferroviaire : maintenir les cinq faisceaux ferroviaires sur Arenc, mettre au gabarit les tunnels pour assurer le raccordement aux voies ferroviaires principales, réaliser la rampe de Saint-André, dépolluer le tunnel du Soula, faire de la gare de Mourepiane un nœud logistique prépondérant pour le transfert par fret de la production marseillaise et régionale.

Axe 3 : DÉPOLLUER ET REPENSER LES ACTIVITÉS DU PORT

Le port de Marseille fait face à de graves enjeux environnementaux : pollution des navires, explosion de la consommation électrique des Data Centers et pression croissante sur le littoral. Les croisières en sont l’exemple le plus frappant : malgré des technologies dites « vertes », ces géants des mers continuent de polluer l’air et l’eau. Le gaz naturel liquéfié reste un carburant fossile ; les filtres appelés scrubbers rejettent leurs effluents directement dans le milieu marin ; et les navires demeurent largement polluants, même à quai. Les Data Centers, quant à eux, accaparent le foncier et l’électricité sans bénéfices réels pour la ville (voir chapitre 3, section « ressources collectives »). Nous refusons que Marseille devienne la poubelle énergétique des multinationales : il est temps de bâtir un port sobre, durable et tourné vers l’intérêt général.

MALT
Mesure 278

Maîtriser et décarboner l’énergie du port en l’électrifiant entièrement.La Ville imposera le raccordement à quai des ferries, du fret, de la réparation navale et des navires accostant, selon le principe pollueur-payeur. Un audit global de la consommation et un plan de production d’électricité durable garantiront l’alimentation des activités essentielles comme le transport, la pêche et la réparation navale.

MALT
Mesure 279

Planifier la sortie totale du modèle des croisières sur le port de Marseille.Cette planification sera organisée via un débat public et un référendum, en garantissant la création d’emplois portuaires alternatifs sur le port pour ses salarié·es et en définissant un modèle touristique durable et profitable à la ville et ses habitant·es. Dans l’attente de cette transition, le nombre, le type et la taille des navires seront limités, en accordant l’accès uniquement aux quais déjà électrifiés. Les projets d’électrification supplémentaires pour les croisières seront suspendus.

MANATCT
Mesure 280

Faire payer aux croisières le coût réel de leur pollution, en révisant l’ensemble des taxes qui leur sont appliquées. Cela permettra de financer directement l’électrification et la transition écologique. Une première étape consisterait à faire évoluer la loi afin d’autoriser la ville à instaurer une taxe de séjour sur les nuitées passées à bord des bateaux de croisière.

MACT
Mesure 281

Construire un rapport de force international contre le modèle des croisières. Rejoindre et impulser des coopérations entre villes méditerranéennes et mondiales engagées dans la réduction ou la sortie des croisières.

MACT
Mesure 282

Réduire drastiquement la pollution maritime en portant un plaidoyer méditerranéen pour instaurer des zones de contrôle plus strictes des émissions, interdire les filtres en circuit ouvert qui transfèrent la pollution de l’air vers la mer, et compléter la zone SECA (zone de contrôle des émissions de soufre) en vigueur depuis 2025 afin de limiter les émissions d’oxydes de soufre et d’azote, sur le modèle de la mer Baltique et de la mer du Nord.

6. Transports et mobilités

DÉSENCLAVER LA VILLE ET RÉPARER LES INÉGALITÉS

Marseille souffre d’un retard structurel majeur en matière de transports publics. Deux lignes de métro, trois lignes de tramway et un réseau de bus lent et irrégulier ne couvrent qu’une partie des besoins réels. Cette faiblesse crée une ville enclavée où la majorité des déplacements se fait en voiture, aggravant pollution, embouteillages et dangers pour les cyclistes et les piétons, particulièrement les enfants.

Cette réalité est accentuée par de fortes disparités territoriales : les quartiers centraux bénéficient d’une meilleure desserte, tandis que les périphéries sont largement négligées, en particulier dans les quartiers où les travailleur·euses les plus pauvres ont été installé·es. Cette situation témoigne du mépris des élu·es des majorités municipales qui se sont succédées pour toute une partie de la population, surtout les personnes les plus précaires et les personnes à mobilité réduite (PMR). Face à l’urgence climatique et sociale qui frappe Marseille, il est indispensable de repenser en profondeur la politique des transports publics.

Nous devons développer massivement le réseau, avec l’objectif de le doubler, tout en garantissant une accessibilité universelle. Nous souhaitons récupérer les compétences mobilité et voirie à la Métropole, tout en menant dès maintenant le combat avec les habitant·es pour faire des transports une priorité et obtenir les investissements nécessaires.

Axe 1 : METTRE LE RÉSEAU EXISTANT EN ÉTAT ET PERMETTRE À CHACUN·E DE SE DÉPLACER

À Marseille, les transports du quotidien sont devenus un facteur d’inégalités. Bus supprimés, métros interrompus en soirée, pannes et retards à répétition : le réseau se dégrade alors même que la population dépend de plus en plus des transports publics. Des dizaines de milliers de personnes à mobilité réduite restent exclues d’un système largement inaccessible, et les promesses de modernisation faites dans le cadre de Marseille en Grand n’ont, quatre ans plus tard, toujours pas été tenues. Cette situation fragilise l’accès à l’emploi, à l’éducation, aux soins et à la vie sociale, en particulier dans les quartiers populaires, et appelle une réponse politique à la hauteur de l’urgence.

METCT
Mesure 283

Rétablir un réseau de bus fiable et dimensionné aux besoins en lançant un plan d’urgence d’équipement et de recrutement : améliorer les conditions de travail pour embaucher de nouveaux conducteur·rices et accélérer le renouvellement du parc de bus électriques afin de doubler la capacité du réseau.

MACT
Mesure 284

Étendre la gratuité des transports aux jeunes de moins de 26 ans et aux bénéficiaires des minima sociaux ainsi qu’aux chômeurs non indemnisés. Si cette mesure ne peut être mise en place au niveau de la métropole, la Ville prendra en charge le coût des abonnements.

MACTMETMT
Mesure 285

Garantir l’accessibilité universelle des transports publics par un programme accéléré de mise aux normes PMR des arrêts de bus et des stations de métro encore inaccessibles (voir chapitre 4, section « discrimination »). Dans l’attente, renforcer fortement le transport à la demande pour répondre rapidement à toutes les sollicitations.

METMT
Mesure 286

Adapter les transports au rythme de vie des Marseillais·es en élargissant les horaires et en renforçant les fréquences. Prioriser les quartiers sous-desservis, rétablir un véritable service de nuit pour les bus comme pour le métro.

METMT
Mesure 287

Refondre le réseau en s’appuyant sur les comités de quartier (voir chapitre 1, mesure 6) et des études dédiées, pour mieux relier les quartiers entre eux. Rétablir des lignes directes entre périphérie et centre pour les personnes à mobilité réduite, créer des liaisons inter-quartiers sans passage obligé par le centre-ville, et renforcer les connexions vers les plages et les espaces verts, notamment l’été.

Axe 2 : DÉVELOPPER DES PARCOURS CONTINUS ET SÉCURISÉS POUR LES DÉPLACEMENTS À PIED ET À VÉLO

La marche et le vélo sont essentiels aux déplacements quotidiens et à la qualité de vie en ville. Pourtant, à Marseille, trottoirs étroits ou dégradés et pistes cyclables rares et discontinues rendent ces mobilités souvent dangereuses. Ces carences touchent d’abord les enfants, les personnes âgées, les personnes en situation de handicap et celles et ceux sans voiture. En récupérant la compétence voirie à la Métropole, nous voulons créer un réseau continu, sécurisé et réellement accessible à tous·tes.

METMT
Mesure 288

Redonner la priorité aux piéton·nes et aux personnes à mobilité réduite en créant de grandes liaisons piétonnes continues entre quartiers, écoles, services publics et pôles d’échange, avec des trottoirs larges, accessibles et dégagés. Piétonniser une partie de l’espace public (centres, marchés, abords des écoles) afin d’apaiser la circulation automobile et des deux-roues à moteur, et garantir des cheminements sûrs pour tous·tes.

METCT
Mesure 289

Faire du vélo un mode de déplacement sûr et pratique au quotidien grâce à un réseau cyclable continu et séparé. Création de véloroutes pour traverser Marseille, et généralisation des doubles sens cyclables sur les rues adaptées. Déploiement massif de stationnements vélo sécurisés (arceaux, abris, box) à proximité des pôles de transport, commerces, écoles et services publics.

METCT
Mesure 290

Rendre le vélo accessible à tous·tes en étendant le service Le Vélo à l’ensemble de la ville. Commencer par les quartiers aujourd’hui non desservis, avec la gratuité pour les moins de 26 ans et le soutien aux ateliers associatifs de réparation solidaire.

METCTMT
Mesure 291

Apaiser la circulation et mieux partager l’espace public en généralisant les zones à 30 km/h, en multipliant les sens uniques pour les voitures, et en réaffectant la voirie aux piétons et aux cyclistes, avec une politique ferme contre le stationnement dangereux.

METMT
Mesure 292

Optimiser la politique des forfaits post-stationnement afin de favoriser la rotation, améliorer la mobilité et sécuriser les abonnements des résident·es, dans le cadre du transfert de la voirie à la Ville (chapitre 1, section métropole, mesure 31).

Axe 3 : MENER LA BATAILLE POUR DOUBLER LE RÉSEAU DE TRANSPORTS

Pour garantir l’équité entre les quartiers et offrir de vraies alternatives à la voiture, il faut doubler le réseau de transports. Il est nécessaire de prolonger le métro et créer un RER métropolitain, mais aussi de développer tramways et bus pour créer des corridors rapides et dédiés, permettant de relier efficacement les quartiers entre eux. Ces projets devront être construits avec les habitant·es et intégrés au tissu urbain, en préservant l’habitat, les commerces et les espaces verts. La modernisation des infrastructures et la qualité du service en seront des piliers essentiels.

NATCT
Mesure 293

Construire un véritable RER métropolitain pour désenclaver les quartiers et la métropole. Rouvrir des gares, développer une intermodalité efficace et garantir des fréquences élevées sur les lignes de rocade via la Blancarde, afin de permettre des déplacements sans passage obligé par la gare Saint-Charles.

NATCTMETMT
Mesure 294

Désenclaver durablement le nord et l’est de Marseille en planifiant l’extension du métro en priorité vers ces territoires. Le lancement des études et des consultations publiques, y compris à l’échelle municipale, permettra d’engager un rapport de force pour faire avancer ces infrastructures indispensables.

MACT
Mesure 295

Démocratiser la gouvernance des transports et mieux coordonner les mobilités en s’appuyant sur un comité populaire des transports (voir chapitre 1, mesure 8) réunissant usager·es et collectivités. Il assurera le suivi du développement des infrastructures et leur bonne articulation avec le réseau de bus, les politiques de piétonnisation, les pistes cyclables et la circulation apaisée dans les noyaux villageois comme dans le centre-ville.

METMT
Mesure 296

Renforcer le réseau de tramway comme colonne vertébrale des déplacements urbains en poursuivant son extension, notamment avec le tramway des Collines entre l’Hôpital Nord et La Valentine, sur la base d’études d’impact transparentes et d’une concertation réelle avec les riverain·es pour protéger logements et commerces de proximité.

METMT
Mesure 297

Offrir une alternative rapide et fiable à la voiture sur les grands axes en créant des lignes de bus à haut niveau de service (BHNS) en site propre, connectées aux principaux pôles d’échanges (gares, métro, tramway, parkings relais) pour faciliter les correspondances.

METMTLT
Mesure 298

Faciliter les correspondances et les usages combinés des transports en créant de véritables plateformes multimodales dans les grands points de connexion (parkings-relais, aires de covoiturage, stations de métro), intégrant stationnement sécurisé, notamment pour les vélos, et accès direct aux transports collectifs.

MACT
Mesure 299

Développer des alternatives solidaires à la voiture individuelle en soutenant la création de coopératives d’autopartage à gouvernance ouverte (habitant·es, associations, collectivités, entreprises locales), fondées sur un modèle non lucratif et une tarification sociale.